Madagascar: la nouvelle Commission électorale est en place

La Céni va remplacer la Cénit, dont on voit sur cette photo des membres à l'ouvrage, quelques jours avant le scrutin présidentiel du 25 octobre 2013 dans un bureau de vote en pleins préparatifs.
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La nouvelle Commission électorale de Madagascar est en place. Sept membres sur neuf ont prêté serment jeudi 29 octobre à la Cour suprême d'Antananarivo. Le représentant de la Haute Cour constitutionnelle sera élu dans la journée de ce vendredi, et le dernier membre sera désigné par le futur Sénat, qui reste à installer. La Céni va pouvoir se mettre au travail, mais la nomination d’un membre en particulier fait grincer des dents au sein de l'opposition. Ce membre, c'est celui qu'a désigné le président Hery Rajaonarimampianina.

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) est en charge de l'organisation des élections à Madagascar. Elle remplace la Cénit (la Céni de la transition), qui était chargée des élections de sortie de crise. A deux mois des sénatoriales, la Céni va ainsi pouvoir se mettre enfin au travail.

Avocat, magistrat, journaliste... les membres de la nouvelle Commission électorale ont été élus pour six ans par différentes entités de la justice, de la société civile, de la politique et des médias. Des personnalités qui bénéficient d'une autonomie financière et qui connaissent les rouages électoraux.

Le président doit-il nommer un membre ?

La majorité des membres de la nouvelle Céni ont déjà œuvré dans l’observation ou l’organisation des élections à Madagascar et à l’étranger. Parmi eux, on retrouve l’ancien président de la Céni en 2010, ainsi que l’ancien rapporteur général de la Commission pendant la transition.

On compte également deux anciens secrétaires généraux de l’actuel gouvernement et de l’ancien gouvernement de la transition. Ainsi qu'une personnalité nommée par le président de la République : Ernest Razafindraibe, ancien président du Comité national d’observation des élections.

« Indépendance et l'impartialité »

Selon Ernest Razafindraibe, sa présence ne remet pas en cause l’impartialité de l’institution. « Déjà, dit-il, il y a cette formation permanente. Mais il y a aussi la formation non permanente. Au moment où il y a l’élection présidentielle par exemple, tous les partis ou regroupements de partis politiques qui vont présenter des candidats auront donc des représentants au sein de la Céni. »

Pour M. Razafindraibe, cela « va garantir l'indépendance et l'impartialité ». Mais pour le député d'opposition Hawel Mamod’ali, l’argument ne tient pas. Car les représentants des partis politiques auront un rôle d’observateur et non de décideur. Pour l'opposition, il aurait été préférable qu'un président de la République en exercice ne puisse désigner aucun membre de la Céni.