Congo-Brazzaville: l'opposition honore la mémoire de ses militants

Les leaders de l'opposition congolaise lors de la cérémonie en hommage aux victimes de la répression de la marche du 20 octobre, à Brazzaville, le 30 octobre 2015.
© REUTERS/Roch Bouka

Le Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad) et l’Initiative pour la démocratie au Congo (IDC), les deux principales plateformes de l’opposition ont rendu hommage vendredi 30 octobre à leurs militants tués par balle ou disparus lors de la répression policière de la marche du 20 octobre dernier. Des victimes que l'opposition estime au nombre de 17, alors que les autorités parlent de quatre morts. La cérémonie s’est déroulée sans accrocs, en présence de quelques parents de victimes.

Au siège de l’Upads, premier parti d’opposition, les leaders du Frocad et de l’IDC, tous ou presque de noirs vêtus, et plusieurs dizaines de militants ont rendu hommage aux leurs tombés sous les balles le 20 octobre dernier, en présence des membres des familles éplorées.

Devant un catafalque dressé pour la circonstance, sur fond de musique religieuse, ils ont déposé des gerbes de fleurs et se sont inclinés devant un tableau noir où étaient affichés les noms des morts et disparus.

Pascal Tsaty Mabiala, premier secrétaire de l’Upads, a lu l’oraison funèbre. « Nous vous assurons notre profonde reconnaissance pour l’engagement qui a été le vôtre, au service de ce combat qui sera poursuivi sans faiblesse, pour honorer votre mémoire et commémorer votre sacrifice, qui ne sera pas vain. »

Pour les leaders, le sang de leurs vaillants militants, soldats de la liberté, « n’a pas coulé pour rien » et ils promettent de « rendre à leurs familles un Congo plus uni, plus sensible aux problèmes de société ».

Opposants assignés à résidence

Malgré l'émotion, les leaders de l’opposition et leurs militants n’ont pas passé sous silence la situation que vivent deux autres leaders : André Okombi Salissa et Guy Brice Parfait Kolelas.

Ces deux anciens ministres sont assignés à résidence. L’IDC et le Frocad exigent la levée sans conditions de la mesure qui les frappent et qui, selon eux, est une confiscation de la liberté dans un pays qui n’enregistre plus de prisonniers d’opinion, d’après les autorités.

Un autre opposant est également dans la tourmente. Paulin Makaya, du parti Unis pour le Congo, a vu son domicile être mis à sac par des inconnus dans la banlieue sud de la capitale. M. Makaya se propose de saisir le procureur de la République. Après le référendum du 25 octobre, l’opposition et le pouvoir se disent préoccupés par le dialogue, pourtant personne n’a pris jusque-là l’initiative pour apaiser les esprits.

Le gouvernement soutient jusqu’à ce jour que seules quatre personnes ont été tuées au cours de cette répression, et non une vingtaine.