Le gouvernement Obiang réfute les accusations d'assassinats politiques

Le président de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema est à la tête du pays depuis 1979.
© AFP/ Xavier Bourgois:

A quelques semaines de la candidature de Teodoro Obiang Nguema à un énième mandat à la présidence de la République, l'opposition équato-guinéenne avait lancé un pavé dans la mare en publiant, le 12 octobre dernier, une liste de 310 supposés assassinats politiques perpétrés sous son régime.Vendredi 30 octobre, le gouvernement lui a répondu, estimant que cette liste était «fausse». L'opposition maintient, et précise que cette liste n'est pas encore close.

Après le rapport l'année dernière d'Amnesty international qui dénonçait les tortures et les exécutions de prisonniers, il y a deux semaines, une fraction de l’opposition équato-guinéenne exilée à l’étranger a publié une liste recensant 310 assassinats politiques supposés.

Et encore, cette liste est incomplète estime Raimundo Ela Nsag, secrétaire général de la Cored (la Coalition pour la restauration de la démocratie en Guinée équatoriale).

« Ce que je peux vous affirmer c’est que, sous Obiang, il y a eu plus de 310 morts. Il y a eu le massacre d’ethnies minoritaires en 1999, où monsieur Obiang avait envoyé des militaires pour massacrer littéralement des villages entiers. Et d’ailleurs j’ai toujours dit que Obiang était le chef des armées de son oncle dans la première dictature, qui a fait 40 000 à 60 000 morts. Les chiffres sont là et des organismes, comme Amnesty International ou Genocide Watch, et beaucoup d’autres organismes le disent. Donc il y a des disparitions en Guinée équatoriale, il y a des crimes rituels, il y a même des crimes politiques, des empoisonnements, il y a des morts. Mais ce chiffre a dépassé 310 », insiste le responsable de la Cored, formation d’opposition.

« Ressusciter de vieux fantômes »

Vendredi 30 octobre, le gouvernement équato-guinéen a répondu à ces accusations. Le vice-Premier ministre et ministre des Droits humains a tenu, en personne, à venir à Paris, répliquer à l'opposition.

Pour Alfonso Nsué Mokuy, il y a deux périodes bien distinctes qu'il faut séparer dans l'histoire récente de la Guinée équatoriale. La période de l'indépendance jusqu'à la prise du pouvoir par le président Téodoro Obiang Nguema, donc de 1968 à 1978. Puis la période de 1978 à nos jours.

« La plupart des gens qui apparaissent dans la liste ont été des acteurs politiques. Nous ne pouvons pas nier que dans la dictature il y a eu beaucoup de morts. Et dans cette même liste il y a des gens qui sont morts de mort naturelle. En résumé, cette liste est la démonstration que l’opposition à l’extérieur prétend ressusciter de vieux fantômes pour créer un air de génocide dans le pays. Avec ça on essaie de provoquer des situations difficiles pour le gouvernement de Guinée équatorial, ce qui veut dire que cette liste est fausse », rétorque le vice-Premier ministre.

Par ailleurs, il assure que le gouvernement se réserve le droit de poursuivre en justice les auteurs de la publication d'une telle liste.