Passage de témoin à la tête de la Monusco en RDC

Martin Kobler, chef de la Monusco, le 28 août 2013 à Kinshasa.
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C'est aujourd'hui que le mandat de Martin Kobler à la tête de la mission des Nations unies en RDC (Monusco) s'achève officiellement. Le diplomate allemand qui dirigeait depuis deux ans et demi la Monusco a été remplacé par le Nigérien Maman Sambo Sidikou. Il laisse derrière lui un bilan mitigé.

Lorsque Martin Kobler arrive en RDC en août 2013, l'est du pays de la RDC est au bord de la catastrophe. Dans le Nord-Kivu, les rebelles du M23 mettent à mal l'armée congolaise. Bien que dotée d'une armée de 20 000 casque bleus, la Monusco est décriée pour son impuissance. Kobler va changer la donne. Profitant du mandat renforcé de la brigade d'intervention, il combat le M23 en coopération avec les forces armées congolaises.

Succès puis blocage

Le succès est foudroyant et le diplomate allemand redresse du même coup l'image de la mission onusienne. Dès janvier 2014, cependant, la situation se dégrade. L'offensive contre les FDLR, les rebelles hutu rwandais, dans l'Est du Congo ne donne que de faibles résultats. De plus, Kobler demande la suspension de deux généraux de l'armée congolaise soupçonnés de graves violations des droits de l'homme, ce qui provoque la rupture avec Kinshasa. La coopération militaire s'enlise, pour finir par s'arrêter totalement.

Mais la Monusco n'a pas qu'un mandat sécuritaire, elle a aussi une mission de bons offices sur la plan politique. Dans ce domaine, Martin Kobler se heurte rapidement à la méfiance des autorités congolaises. En mai 2014 puis en janvier 2015, le président Kabila le rappelle à l’ordre, refusant toute ingérence dans les affaires politiques. Martin Kobler voit alors son action doublement paralysée et en conçoit une frustration non feinte. Dès lors, son départ était devenu inéluctable. Le Nigérien Maman Sambo Sidikou quitte l'Amisom pour prendre sa succession.