Attaque à Mogadiscio: la stratégie de terreur des shebabs somaliens

Les échanges de tirs entre les miliciens shebabs et les forces de l'ordre somaliennes ont duré trois heures à l'hôtel Sahafi de Mogadiscio, le 1er novembre 2015.
© REUTERS/Feisal Omar

Au moins douze personnes ont perdu la vie durant l'attaque dans le centre de Mogadiscio dimanche. L'hôtel Sahafi où résident de nombreux députés et officiels a été pris d'assaut samedi par un commando de cinq shebabs, selon le ministre de la Sécurité intérieure. Les échanges de tirs entre forces de sécurité et assaillants ont duré plus de trois heures. Un député a été tué ainsi qu'un journaliste somalien. Cette attaque traduit le regain de vigueur actuel des islamistes qui opèrent selon une double tactique : la terreur dans les grandes villes et les attaques-surprises contre les bases de l'Amisom dans les zones rurales.

Aussi spectaculaire soit-elle, l'attaque contre l'hôtel Sahafi n'a rien d'exceptionnel. Depuis qu'ils ont été chassés de Mogadiscio en 2011, les shebabs y commettent régulièrement des attentats. En juillet dernier, une voiture piégée explosait devant l'hôtel Jazeera Palace tuant treize personnes. Et en septembre, c'est le convoi présidentiel qui était sous le feu des terroristes.

Dans la capitale et dans les grandes villes, le groupe islamiste ne peut plus mener de guerre frontale et a donc opté pour une stratégie de terreur. En revanche, dans les zones rurales, les miliciens shebabs ont lancé ces derniers mois de véritables offensives contre les bases de l'Amisom, la mission de maintien de la paix. La dernière date du premier septembre visait une base de l'armée ougandaise à Janalé. Dix-neuf soldats y ont perdu la vie, selon Kampala.

Les islamistes pas si affaiblis par les querelles internes ?

Après de sérieux revers en 2014, le groupe armé continue donc de démontrer que ses capacités logistiques et sans doute financières demeurent intactes. A Mogadiscio, le pouvoir semblait pourtant croire récemment que le groupe islamiste était en perte de vitesse déchiré par des querelles d'allégeance entre al-Qaïda et le groupe Etat islamique.

Mercredi dernier, le président somalien s'était même fendu d'un communiqué à propos de ces divisions au sein du mouvement appelant les shebabs à rejeter les deux allégeances et à tendre la main au gouvernement. Il n'a manifestement pas été entendu.