Madagascar: les scientifiques appellent à la protection des lémuriens

Dans certaines régions, le braconnage de lémuriens est encore pratiqué pour la consommation de la viande ou le trafic d’animaux.
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Les lémuriens sont en danger. Les spécialistes lancent un appel à Madagascar et dans le monde à l’occasion du Festival international des lémuriens qui s’est tenu ces deux derniers jours. Dans les parcs nationaux de la Grande île et dans des zoos en Europe ou aux Etats-Unis, des animations et conférences ont été organisées pour sensibiliser le public et les autorités sur le problème. Ces primates uniques à Madagascar sont menacés par la déforestation et le braconnage. Sur les 107 espèces de lémuriens, 90 % risquent de disparaître d’ici quelques années. C’est la course contre la montre pour les scientifiques qui continuent de découvrir de nouvelles espèces.  

L’information est presque passée inaperçue il y a deux mois. Une équipe de chercheurs américains découvrait une nouvelle espèce de lémuriens. Un lémurien nain de 18 centimètres qui vit dans le Parc de la Montagne d’Ambre dans le nord de Madagascar.

« Cela veut dire qu'il y a encore des trésors qu'il faut découvrir et que c'est vraiment notre devoir de protéger toutes les forêts qui restent, parce que la plupart des récentes découvertes ont été faites dans les forêts. A quoi bon découvrir une nouvelle espèce si la forêt disparaît. C'est ce qui se passe actuellement », note le primatologue Jonah Ratsimbazafy, soulignant l'importance de cette découverte.

Près de 150 000 hectares de forêts sont détruits chaque année à Madagascar. Dans certaines régions, le braconnage de lémuriens est encore pratiqué pour la consommation de la viande ou le trafic d’animaux. Le Festival mondial des lémuriens a donc été créé l’an dernier pour alerter le public et les autorités.

« Plus de 90 % de ces lémuriens sont menacés donc nous n'avons plus beaucoup de temps, il faut qu'on sensibilise le public. Pour être honnête, il y a des autorités qui ne font pas leur travail. Les lois sont là. Quand on regarde le papier, les lémuriens sont protégés, mais en réalité ce n'est pas vraiment ce qui se passe actuellement. », déplore Jonah Ratsimbazafy.

Les acteurs de la conservation mettent en avant le potentiel touristique que représentent les lémuriens s’ils sont protégés et mis en valeur. Ils constituent 20 % des espèces de primates dans le monde.