Le chaos libyen ou la diplomatie en échec

Manifestation contre le dernière proposition d'accord de l'ONU sur un gouvernement d'union nationale, le 23 octobre 2015 à Benghazi.
© REUTERS/Esam Omran Al-Fetori

Réunis en ce moment à Alger, les chefs de la diplomatie algérienne, égyptienne et italienne soutiennent la solution politique en Libye alors que l'accord pour mettre fin à la crise politico-sécuritaire se fait toujours attendre. Le 20 octobre, les deux gouvernements rivaux de Tripoli et de Tobrouk ont refusé la proposition d'accord de l'émissaire des Nations unies, Bernardino Leon, censé céder sa place à Martin Kobler. Mais après un an de tentatives infructueuses, y a-t-il encore une chance pour la diplomatie dans ce dossier ?

Bernardino Leon voulait y croire le 9 octobre dernier lorsqu'il a brandi son énième projet d'accord aux parties libyennes en conflit (le gouvernement reconnu de Tobrouk à l'est et la coalition islamiste Fajr Libya installée à Tripoli). Rendez-vous raté. Les deux rivaux refusent le texte qui avait fait l'objet de longues négociations.

Le mandat de Bernardino Leon s'est officiellement achevé samedi dernier, mais le secrétaire général de l'ONU lui a redit son soutien dans la poursuite d'un accord. Mais son crédit auprès des Libyens est bien entamé. Outre que le diplomate espagnol a annoncé plusieurs fois l'imminence d'un accord finalement jamais trouvé, il lui est reproché de favoriser le camp de Fajr Libya, dominé par les islamistes.

Martin Kobler devra restaurer la confiance

Son successeur, le diplomate allemand Martin Kobler, habitué des dossiers politiques complexes au Moyen-Orient et en RDC devra restaurer la confiance. Il faudra convaincre toutes les parties de prendre part à l'accord, y compris les groupes armés. Et alors que le chaos libyen n'a jamais autant inquiété l'Europe, le représentant spécial de l'ONU devra s'assurer aussi le soutien des acteurs régionaux.

Réunis depuis ce lundi à Alger, les ministres des Affaires étrangères algérien, égyptien et italien ont encouragé la poursuite des discussions pour s'assurer le plus large consensus entre les Libyens.