Somalie: la situation alarmante des journalistes dans le pays

Des soldats somaliens sont positionnés devant un hôtel attaqué par les shebabs, à Mogadiscio, le 28 mars 2015.
© REUTERS/Feisal Omar

Plus de 90% des crimes commis dans le monde contre des journalistes ne sont jamais élucidés, selon le secrétaire général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire. En cette journée du 2 novembre, le représentant du syndicat des journalistes somaliens se positionne. Omar Faruk Osman parle d'une situation très dangereuse dans son pays.

Dimanche, Mustaf Abdi Nur, jeune photographe pour le groupe Shabellé Medias et pour al-Jazeera, a trouvé la mort dans l'attaque qu'ont lancée les miliciens shebabs sur l'hôtel Sahafi de Mogadiscio, en Somalie, où vivent des officiels et des députés. Une attaque qui a coûté la vie à une douzaine de personnes au total, dont un député. C'est le cinquième journaliste à perdre la vie cette année en Somalie, et le 10e journaliste de Shabellé média à périr depuis 2002.

En ce 2 novembre, la journée internationale pour la lutte contre l'impunité des crimes de journalistes, Omar Faruk Osman lance un appel. Le secrétaire général du syndicat des journalistes somaliens déplore que les crimes de journalistes restent le plus souvent impunis en Somalie : « Alors que la planète commémore la journée mondiale de lutte contre l'impunité des crimes contre les journalistes, c'est le moment de rappeler que cette impunité est notre principal problème. Car nous sommes aux prises avec un niveau de meurtre et de violence extrême ainsi qu'à une véritable culture de l'impunité. La chose la plus importante pour nous est de combattre cette culture de l'impunité ».

Et pour le journaliste somalien, il est vraiment urgent d’agir afin de garantir une meilleure protection : « Jusqu'à présent seuls deux meurtres de journalistes ont été élucidés et leurs assassins arrêtés. Mais il y a bien davantage de tueurs de journalistes en liberté et qui bénéficient toujours de l'impunité, c'est un problème très sérieux. Il faudrait trouver une façon de mettre fin à cette culture de l'impunité. Deuxièmement, il faudrait former les journalistes au travail en situation hostile ou dangereuse. Nous ne savons pas comment faire avec tous ces engins explosifs et ces voitures piégées. Et c'est ce qui est arrivé à notre collègue Mustaf. Sans savoir ce qu'il faisait, il se cachait derrière une voiture remplie d'explosifs ».