Sénégal: les fortes divisions du PDS agitent l’Assemblée nationale

L'Assemblée nationale du Sénégal.
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Au Sénégal, des députés de la majorité et de l'opposition en sont venus aux mains, lundi, à l'Assemblée nationale lors d’une séance fermée à la presse. La raison de ces troubles n’est pas une éventuelle querelle politique entre deux partis adverses, mais des problèmes au sein du principal parti d’opposition : le Parti démocratique sénégalais de l’ancien chef de l’Etat Abdoulaye Wade.

Au PDS, la bataille fait rage pour un poste stratégique : la présidence du groupe parlementaire d’opposition, précisément celui des libéraux et démocrates. Officiellement, c’est Modou Diagne Fada qui occupe ce poste. Mais ses déclarations et le mémorandum qu’il a présenté en juin pour changer toute la structure et la direction du parti ont visiblement déplu à Abdoulaye Wade, qui a donc nommé récemment Aïssatou Mbodji à sa place.

Cette dernière accuse son concurrent d’être soutenu par le pouvoir : « Les frondeurs sont soutenus. Quand la souris ose agresser le chat, c’est parce que tout simplement il y a une cachette à côté. La cachette, c’est Macky Sall. Si véritablement ils ne sont pas soutenus par le pouvoir, ils n’ont qu’à rentrer dans la maison du père ».

Questionnement autour de la succession d’Abdoulaye Wade

Modou Diagne Fada estime que la présidence du groupe parlementaire n’est pas décidée par le parti, mais par les députés qui siègent à l’Assemblée, que le poste lui revient donc de droit. Il dément tout soutien du président Macky Sall et appelle, à nouveau, Abdoulaye Wade à lâcher les rênes du PDS : « J’ai le règlement intérieur avec moi. Je crois que le temps est venu pour que la nouvelle génération prenne la relève. Le président Wade, je ne lui demande pas de prendre sa retraite politique, mais le moment est venu de réussir sa sortie de la scène politique ».

La lutte pour ce poste de président de groupe à l’Assemblée cache donc en réalité une autre bataille, celle de la succession d’Abdoulaye Wade.