Tunisie: Nidaa Tounes au bord de l'implosion?

Des soutiens au président Beji Caïd Essebsi manifestent à Tunis, le 3 novembre 2015.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

Le premier parti politique de Tunisie est aujourd'hui en pleine crise, miné par une lutte de clan et une guerre de succession. Nidaa Tounes, c'est un parti hétéroclite, fondé en 2012 par Béji Caïd Essebsi, élu l'année dernière président de la République. Depuis son départ pour le palais de Carthage, deux clans ambitionnent donc de prendre la tête du parti. D'un côté, le camp de Mohsen Marzouk, le secrétaire général du parti et de l'autre, le clan de Hafedh Caïd Essebsi, le fils du fondateur du parti.

Insulte, bataille d'égo et guerre des chefs. Les deux camps ne s'épargnent plus. Dernier exemple en date, dimanche 1er novembre, des hommes munis de bâtons ont perturbé une réunion du bureau exécutif de Nidaa Tounes. Les partisans de Mohsen Marzouk, le secrétaire général, ont accusé l'autre camp d'être à l'origine de ces violences. Ripostes verbales, accusations réciproques, la tension est telle qu'une partie des élus sollicitent désormais l'arbitrage de Beji Caïd Essebsi, 88 ans.

L'actuel président de la République, ancien président-fondateur du parti, a donc reçu une partie des députés au palais de Carthage. « Il va réussir à tous nous rassembler et à sauver Nidaa Tounes », assure l'un des élus.

Un congrès prévu en décembre

32 députés du camp Marzouk menacent tout de même de quitter le bloc parlementaire à l'Assemblée pour en former un nouveau, ce qui risquerait de déstabiliser le pouvoir. « Nous continuerons à soutenir le gouvernement », précisent-ils. Mais Ennahda deviendrait alors le 1er groupe parlementaire. Un scénario que l'on « peut éviter si l'on arrive à dialoguer dans le calme », explique l'un des 32 élus frondeurs.

Nidaa Tounes espère donc étouffer rapidement la crise, mais les différents courants devraient à nouveau s'affronter lors du 1er congrès du parti, maintes fois reporté et prévu, en théorie, pour le mois de décembre prochain.