Gabon: coup de filet chez les trafiquants de bois précieux

La forêt tropicale de Bambidie, dans l'est du Gabon.
© AFP/SYLVIE BRIAND

Une trentaine de personnes soupçonnées d'être liées à un trafic de bois précieux, le Kevazingo, ont été arrêtées mardi 3 novembre dans le nord-est du Gabon. Parmi eux, deux représentants du ministère des Eaux et forêts dans la région de l'Ogooué-Ivindo.

Le Gabon met un coup d'accélérateur dans la lutte contre l’exploitation illégale du Kevazingo. Une trentaine de personnes ont été arrêtées près de Makokou, dans le nord-est du pays, dans le cadre de la lutte contre le trafic de ce bois précieux, rapporte le réseau Eagle (Eco Activists for governance and law enforcement), un groupement international d'ONG de défense de l'environnement.

Parmi les personnes arrêtées figurent cinq Chinois, mais aussi les deux principaux représentants du ministère des Eaux et forêts dans la région de l'Ogooué-Ivindo et le vice-président du conseil départemental.

Il est très rare que la justice se saisisse de ce genre de dossier sur le continent. « Le Gabon est sans doute le premier pays qui frappe fort, affirme Luc Mathot, président et fondateur de l'ONG Conservation justice qui a rédigé un rapport accablant sur l'exploitation illégale du Kevazingo. Donc, on espère que ça va servir d’exemple pour le reste du pays et pour les autres pays aussi. C’est un combat qui n’est pas facile. On espère que ça va être un nouveau point de départ pour dissuader les exploitants illégaux et leurs complices éventuels. »

Ce genre de trafic est une forme de criminalité sous-estimée. « On peut gagner beaucoup d’argent dans l’exploitation illégale, comme dans l’ivoire par exemple, avec des sanctions assez faibles. Et l’application de la loi est souvent trop faible », déplore l’activiste qui salue l'engagement de Libreville.

La forte demande chinoise en bois encourage l’exploitation clandestine de bois précieux. Mais la Chine n’est pas le seul acteur et l'unique débouché de ce trafic. « Il y a des Européens, des Libanais, des Chinois, des Indonésiens, énumère Luc Mathot. Mais c’est vrai que la Chine, déjà, est le plus gros demandeur, même les exploitants européens exportent vers la Chine. Et je suis sûr qu’il y a des sociétés chinoises respectueuses également de la loi. Mais, malheureusement le constat est là. Il y en a beaucoup aussi qui ne respectent pas la législation. »