RCA: à Bangui, la tension monte à l'approche d'élections incertaines

Le siège d'Action contre la faim, pillé lors des violences en octobre dernier.
© AFP PHOTO / EDOUARD DROPSY

En Centrafrique, à mesure que la fin prévue de la transition et que les élections approchent, les discours se durcissent. Le Conseil national de transition (CNT) a réagi aux violences qui embrasent Bangui depuis huit jours et à celles de septembre dernier. Dans une déclaration rendue publique ce mardi 3 novembre, le Parlement de transition s'en prend sans détour au gouvernement accusé d'incapacité à agir face aux violences récurrentes. Il lui lance un ultimatum : une semaine pour réarmer les Faca, les forces armées centrafricaines. Une marche des parlementaires doit même être organisée ce mercredi en fin de matinée.

Dans la déclaration qu'il signe, le président du CNT, Alexandre Ferdinand Nguendet, accuse le gouvernement d'avoir « laissé les communautés s'entretuer sans interposition », ou encore de n'avoir « pas pris les mesures efficaces pour garantir la sécurité des citoyens ». Les parlementaires parlent même d'une « trahison vis-à-vis du peuple ».

Le ton se fait même menaçant quand il donne une semaine au gouvernement pour réarmer les Faca, et les impliquer dans la pacification du pays. Un ultimatum qui témoigne une nouvelle fois des relations exécrables qu'entretiennent le président du CNT et l'exécutif. Mais selon la charte de la transition, le CNT n'a pas le pouvoir de voter une motion de censure contre le gouvernement. Il peut toutefois interpeller un ministre et le convoquer pour répondre aux questions des parlementaires. Selon la déclaration, le ministre de la Défense est d'ailleurs convoqué mercredi prochain.

Samba-Panza monte au créneau

Ce lundi 2 novembre, Catherine Samba-Panza avait elle-même prononcé un discours ferme, critiquant l'action de la Minusca. Mais elle disait aussi avoir ordonné justement aux forces de sécurités centrafricaines de se joindre aux forces internationales pour s'interposer entre les parties aux conflits.

Par ailleurs, la chef de l'Etat de transition avait aussi accusé clairement les signataires des accords de Nairobi d'être derrière les violences récurrentes. L'un de ces signataires, le FPRC de Michel Djotodia et Nourredine Adam lui a aussi répondu ce mardi dans un communiqué. Le FPRC, issu de la Seleka exige depuis des mois une 3e transition. Il maintient cette position parlant même d'un « impératif incontournable ».