Au Togo, le nouveau Code pénal inquiète les médias

Les journalistes togolais s'inquiètent d'un amendement du nouveau Code pénal prévoyant notamment des peines de prison en cas de diffusion de fausses nouvelles. Ici, en juin 2007 près d'un kiosque à journaux à Lomé.
© AFP PHOTO EMILE KOUTON

Un nouveau Code pénal suscite des inquiétudes au sein de la presse togolaise. Le Code pénal du Togo date de près de 35 ans et il fallait l'adapter. Lundi 2 novembre, un nouveau Code a été adopté. Mais son adoption par l'Assemblée nationale suscite des inquiétudes dans toute la presse togolaise.

Ce nouveau Code pénal a à peine été adopté que toutes les organisations de presse sont montées au créneau. Ce mardi matin, toutes les parutions dans les kiosques évoquaient l'inquiétude des journalistes.

« Nous sommes très inquiets, surtout concernant l'article qui ramène la pénalisation du délit de presse, explique Isidore Akollor, directeur de publication d'Actu Express, interrogé par RFI. C'est ça qui nous inquiète dans la mesure où aujourd'hui, dire qu'on met [en place] une loi punissant le délit de presse, c'est très inquiétant ! »

L'article en question, c'est le 498 du nouveau Code pénal. Il punit toute publication, diffusion ou reproduction de fausses nouvelles, d'une peine d'emprisonnement de six mois à deux ans et d'une amende de 500 000 à deux millions de francs CFA — 760 à 3000 euros.

Ce n'est pas la répression qui peut professionnaliser la presse, souligne l'ancien secrétaire général de l'union des journalistes indépendants du Togo, Augustin Amega. « Ce n'est pas en introduisant des dispositions répressives dans une loi qu'on va rendre plus professionnels les journalistes. Il faut user de la pédagogie. Il y a des institutions chargées de l'autorégulation qu'il faut renforcer. »

L'adoption de ce nouveau Code était très attendue. Elle constitue une avancée, défend un ambassadeur accrédité à Lomé, mais cet article, ajoute le diplomate, ne correspond pas aux engagements internationaux du Togo.