Burkina Faso: l’avocat de Djibril Bassolé clame l’innocence de son client

L'ancien ministre burkinabè, Djibril Bassolé.
© bassole.com

Djibril Bassolé est innocent et il entend bien se présenter à l'élection présidentielle au Burkina Faso. C’est ce que clame aujourd'hui l'un de ses avocats, le Français Alexandre Varaut qui s'est rendu à Ouagadougou, où il a pu examiner le dossier d'instruction. Selon lui, ce dossier est vide, il n'existe aucune preuve de l'implication de l'ancien ministre des Affaires étrangères dans la tentative de putsch du 17 septembre dernier. Maitre Varaut affirme que son client veut par ailleurs être candidat à l'élection présidentielle du 29 novembre. L'avocat a entrepris des démarches auprès de la Cour de justice de la Cédéao.

Arrêté le 29 septembre dernier, Djibril Bassolé est accusé de haute trahison, d'atteinte à la sûreté de l’Etat et de neuf autres chefs d'inculpation. Maître Alexandre Varaut, l'un de ses avocats, a pu le rencontrer dans sa cellule. Il a trouvé un Djibril Bassolé combatif : « Il est indigné parce qu’il estime qu’il est un prisonnier politique et qu’on l’a placé en prison non pas pour des raisons judiciaires, mais pour l’empêcher de jouer un rôle dans l’élection présidentielle à venir ».

Selon l'avocat qui a eu accès aux pièces, le dossier d'instruction est vide. Il n'y a notamment aucun document relatif à ce fameux appel téléphonique du président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, sur lequel semble basé une partie l'accusation. « En aucun cas, il n’y a eu une conversation dans laquelle monsieur Bassolé aurait contribué à l’organisation du putsch ou même aurait prétendu en tirer un bénéfice » ajoute Maître Varaut.

Djibril Bassolé se dit donc innocent et il veut participer à la présidentielle. Son avocat demande à la Cour de justice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) de pousser l'Etat burkinabé à appliquer sa décision de juillet dernier. La Cour avait alors jugé illégal l'article du Code électoral empêchant certaines personnalités, dont Djibril Bassolé, de briguer la présidence : « D’abord, il veut ses droits et après il veut la liberté : le droit d’être candidat ».

Maître Varaut a envoyé sa requête, jeudi, à Abuja et espère que la Cour statuera en urgence avant l'échéance du 29 novembre. Djibril Bassolé est prêt à être candidat du fond de sa cellule.