Congo-Brazzaville: Sassou-Nguesso promulgue la nouvelle Constitution

Après validation de la Cour constitutionnelle, le président congolais Denis Sassou-Nguesso a, le même jour, promulgué la nouvelle Constitution, dite «du 6 novembre».
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Le président Sassou-Nguesso a promulgué vendredi 6 novembre la nouvelle Constitution, adoptée par référendum le 25 octobre denier. Un référendum contesté par l'opposition et dont les résultats ont été avalisés quelques heures plus tôt vendredi par la Cour constitutionnelle. Selon les chiffres officiels, 94 % des électeurs ont approuvé la Constitution. L'opposition, quant à elle, a toujours rejeté ces résultats. La promulgation coïncide avec l'arrivée à Brazzaville d'Abdoulaye Bathily, l'envoyé spécial de l'ONU en Afrique centrale, venu pour tenter de relancer le dialogue entre le pouvoir et l'opposition.

Les choses sont allées très vite. Moins de 12 jours se sont écoulés entre le référendum marquant l’adoption du nouveau projet de Constitution, la validation des résultats par la Cour constitutionnelle et la promulgation par le chef de l’Etat. Cette dernière a été annoncée vendredi soir par le ministre de la Justice et des droits humains, Aimé Emmanuel Yoka, qui a tenu à préciser que « la Constitution qui va désormais régir notre pays est celle du 6 novembre 2015 ».

Cette promulgation rapide, quelques heures après l'arrêté de la Cour constitutionnelle consacrant la large victoire officielle et contesté du « oui » au référendum, survient au moment où arrive à Brazzaville l'envoyé spécial de l'ONU pour l'Afrique centrale, Abdoulaye Bathily, venu tenter de relancer le dialogue entre l'opposition et le pouvoir congolais.

Dans la journée, il a rencontré des membres du Frocad et de l'IDC, les deux plateformes de l'opposition, qui ont à nouveau réclamé l'annulation du référendum ou, à tout le moins, le gel de la nouvelle Constitution.

L'opposition a fait de ce point un préalable au dialogue. Dès lors où le président vient de promulguer le texte, on voit mal quel dialogue pourrait donc s'engager. L'opposition devait aussi dévoiler en cette fin de semaine le programme d'action de désobéissance civile qu'elle souhaite mener.

La mobilisation populaire restant, de fait, sa dernière cartouche dans le bras de fer qui l'oppose au président Sassou-Nguesso. A ce propos, le gouvernement reste serein. « L'opposition n'a pas la capacité de mobiliser la rue », se réjouit un ministre.