Conflit territorial des îles Eparses: le président malgache réagit

L'atoll de Bassas da India, au sud-ouest de Madagascar dans les îles Eparses.
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Le président Rajaonarimampianina réagit. Depuis plusieurs jours, la polémique enfle à Madagascar au sujet des îles Eparses, de minuscules territoires entourant la Grande Île, actuellement administrés par Paris mais revendiqués par Antananarivo depuis 40 ans. Une prise de position du chef de l'Etat était attendue après une déclaration très mal reçue de l'ambassadeur de France sur place.

C'est une déclaration de l'ambassadeur de France, Véronique Vouland-Aneini, qui a mis le feu aux poudres. Il y a deux semaines, elle a déclaré que « les îles Eparses appartiennent à la France ». Quelques jours plus tard, un groupe de députés appelait le président de la République à réagir. Vendredi 6 novembre 2015, Hery Rajaonarimampianina est finalement sorti de son silence lors d'une rencontre avec la presse : « Quelque fois, ne rien dire est déjà beaucoup plus important que de crier ! Le silence est d'or, dit-on ! On est dans la diplomatie, dans la haute diplomatie », a-t-il affirmé.

Le dossier n'est pas enterré, assure le chef de l'Etat malgache : « Aujourd'hui, le président de la République vous dit qu'il a déjà pris en main le dossier. Et avant même tous ceux qui se disent les plus nationalistes. » Mais M. Rajaonarimampianina n'en dit pas plus sur d'éventuelles négociations engagées. Un flou qui rend Jean Brunelle Razafintsiandraofa dubitatif. Il fait partie des députés qui ont appelé le président à prendre une position ferme sur les îles Eparses. « On va analyser, dit-il. Puisque c'était une déclaration, on ne sait pas s'il y a vraiment des dossiers consistants, s'il y a vraiment des travaux en cours. On va voir... »

Le conflit territorial entre la France et Madagascar au sujet des îles Eparses remonte à loin. En 1979, une résolution des Nations Unies avait demandé à la France l'ouverture de discussions pour la restitution de ces îles. L'enjeu, c'est notamment le sous-sol, qui pourrait contenir d'importantes réserves d'hydrocarbures. L'an dernier, après avoir rencontré François Hollande lors d'une visite à Paris, Hery Rajaonarimampianina avait évoqué la possibilité d'une cogestion, via la création d'une plateforme de dialogue entre les deux gouvernements. Depuis, aucune avancée concrète. La plateforme reste pour l'instant à l'état de projet.