La Sierra Leone exempte de transmission du virus Ebola selon l'OMS

Des agents de santé se préparent à intervenir auprès de malades atteints d'Ebola, à Freetown, Sierra Leone, le 14 octobre 2014.
© Reuters/Josephus Olu-Mammah

Après six semaines depuis la fin du dernier cas de fièvre Ebola recensé en Sierra Leone, l’OMS vient d’annoncer la fin de l’épidémie dans ce pays. Sur les trois pays d’Afrique de l’Ouest qui ont été durement touchés, la Sierra Leone est le deuxième, après le Liberia, à s’être débarrassé de la maladie. Reste la Guinée, où de nouveaux cas sont encore recensés.

La Sierra Leone est aujourd’hui déclarée débarrassée de l’épidémie du virus Ebola, mais il faut rester vigilant. C’est ce qui s’est passé au Liberia au mois de juin dernier, et pourtant, des cas ont ressurgi un peu plus tard. D'autre part, la Guinée voisine compte encore quelques cas par semaine. Il existe donc un risque de voir réapparaître le virus, d’autant que celui-ci a pu devenir endémique, donc s’installer dans la sous-région.

« Ça peut être le fruit du hasard que la Sierra Leone ait été déclarée libre d’Ebola juste avant la Guinée, explique à RFI Roel Debruyne, de l'ONG Save The Children qui a une mission sur place en Sierra Leone. On espère que la Guinée, avec encore juste quelques cas par semaine, va suivre très bientôt. En gros, les trois pays de la région se ressemblent beaucoup. Ensuite, ce sont de petits détails de gestion, de stratégie qui ont fait la différence peut-être. [Il existe le] risque que de nouveaux cas, de nouvelles infections, puissent traverser la frontière de la Guinée. Mais il est aussi fort possible que le virus soit devenu endémique dans la société, avec de nouveaux cas qui peuvent ressurgir d’un moment à l’autre. »

Les systèmes de santé déstabilisés par la maladie

En Sierra Leone, avec 3 589 décès sur 8 704 cas confirmés, l’épidémie d’Ebola a eu des retombées très importantes sur la société. 221 médecins et personnels de santé ont perdu la vie dans l’épidémie. Et le système de santé, qui était déjà fragile, s’est effondré. On a beaucoup travaillé sur le renforcement des systèmes de santé, poursuit Roel Debruyne : « Le système de santé dans les trois pays était très, très faible. Beaucoup de médecins sont décédés suite à la maladie et donc on craint que le système de santé, qui était déjà très faible avant, soit encore devenu plus faible » après l'épidémie.

Il est donc fondamental que les mesures de prévention prises par la population restent de rigueur, et aujourd’hui débute une période d’observation de 90 jours qui permettra de confirmer la disparition effective de l’épidémie dans le pays.