Soudan du Sud: poursuite des combats et une crise humanitaire majeure

Au Soudan du Sud, la poursuite des combats empêche les organisations humanitaires de venir en aide aux populations. Ici, un médecin de MSF, dans un centre de soins de Lankien, au Soudan du Sud, en janvier 2015.
© AFP PHOTO/MSF/KAREL PRINSLOO

Au Soudan du Sud, les combats continuent malgré l'accord de paix signé, en août dernier, entre les forces gouvernementales et les rebelles. La situation fait craindre une crise humanitaire majeure. 30 000 personnes risquent de mourir de faim faute d'aide d'urgence, selon l'ONU. Dans ce contexte, les ONG qui sont habituellement en première ligne ont le plus grand mal à venir en aide aux populations.

Il s’agit de la pire période qu'ait connu le jeune Etat du Soudan du Sud. Entre attaques ciblées contre les civils, massacres ethniques et déplacements forcés, les Nations unies s'alarment de la poursuite des violences, en particulier dans le Sud de l'Etat d'Unité. Les organisations humanitaires ne peuvent plus y accéder, depuis des mois. C'est le cas de l’ONG Norwegian Refugee Council qui n'y est plus intervenue, depuis le mois de mai. Caelin Briggs en est membre. Elle dénonce la non-application des accords de paix d'août dernier.

« Le plus important est de mettre fin aux combats. Tant que ce n’est pas le cas, nous resterons dans l’impossibilité de reprendre nos opérations dans les régions affectées. Toutes les préoccupations formulées par l’ONU, les menaces de famine ou encore d’insécurité alimentaire, tout cela est lié aux violences. Et ce sont les combats qui nous empêchent d’agir et d’aider ces personnes », a déclaré, à RFI, Caelin Briggs, membre de Norwegian Refugee Council.

Et l'heure n'est pas à l'optimisme. D'après des experts de l'ONU, les belligérants ne respectent pas leurs engagements en matière de cessez-le feu et de désarmement. Dans ces conditions, il sera encore plus difficile, pour les organisations humanitaires, d'obtenir une image claire de la situation des civils et d'adapter leurs réponses.