Togo: un projet de réserve naturelle provoque des violences à Mango

La population de Mango a voulu manifester contre l'implantation d'une nouvelle aire aux animaux autour du fleuve Oti (ici lors d'une crue en 2007).
© AFP PHOTO / World Food Programme

La ville de Mango à 592 km au nord de Lomé a connu un vendredi agité. Les populations, qui voulaient manifester contre l'installation d'une nouvelle réserve naturelle, en ont été empêchées. La journée a été très mouvementée et on dénombre officiellement deux morts dans des heurts avec les forces de l’ordre.

Le calme est revenu vendredi soir. Les pneus brûlés ont été dégagés et la circulation momentanément interrompue sur la nationale n°1 qui mène à la frontière du Burkina Faso a repris, après les heurts de la matinée à Mango.

La population de la ville voulait manifester contre l'implantation d'une nouvelle aire aux animaux autour du fleuve Oti. Pêcheurs, cultivateurs jardiniers et éleveurs, tous ceux qui exploitent le fleuve et les terres alentours, se sont mobilisés avec la population pour manifester et dire non à cette nouvelle faune. Mais très tôt, la ville a été quadrillée par les forces de l'ordre pour empêcher tout rassemblement.

Le communiqué du ministère de la Sécurité indique que la manifestation était organisée par une association illégale et donc interdite. Il s'en est suivi toute la matinée des heurts entre les forces de l'ordre et la population. Le bilan, selon les habitants, est de 4 morts et plusieurs blessés, alors le communiqué officiel annonce 2 morts.

Le ministre de la Sécurité, Yark Damhane a été dépêché dans la ville. Il doit mener des concertations pour calmer les esprits. Une enquête est ouverte.