Togo: après les violences, suspension du projet de réserve à Mango

La population de Mango a voulu manifester contre l'implantation d'une nouvelle aire aux animaux autour du fleuve Oti (ici lors d'une crue en 2007).
© AFP PHOTO / World Food Programme

Le bilan des affrontements entre policiers et manifestants à Mango au Togo a été revu à la hausse. Cinq personnes au moins sont mortes depuis vendredi. Mango se trouve tout au nord du Togo sur la route qui mène au Burkina Faso. Une partie de la population s'est mobilisée ces derniers jours pour protester contre la réhabilitation d'espaces protégés. Hier soir on apprenait que le chef de l'Etat Faure Ngassingbé avait suspendu le projet. Des émissaires vont être envoyés pour discuter avec les habitants.

La violence a repris samedi matin alors que les familles étaient invitées à retirer les corps de la veille. Alertée, la population s'est mobilisée à nouveau pour refuser de prendre les corps. Ces décès ont provoqué la colère de la population et quelques ressortissants de Mango à Lomé ont aussi manifesté et répété dans la capitale, « non à la réserve .

Les habitants craignent de revivre les violences des années 1970-1990, lorsque des militaires faisaient la ronde la nuit, fouillaient les marmites des villageois pour voir quelle viande se trouvait dans la sauce. Ceux qui ne pouvaient pas prouver la provenance de la viande de leurs marmites, subissaient le châtiment que raconte ce manifestant : « Certains militaires ont même attaché les gens sur l'hélicoptère ! Nos parents ont vécu tout ça. »

La mise en place de cette aire protégée est un projet du programme des Nations unies pour le développement et de l'Union économique et monétaire ouest-africaine, financée à plusieurs millions. L'aire protégée va couvrir près de 179 000 ha et va déloger des habitants de 38 villages aux abords du fleuve Oti.

Ce samedi, Faure Gnassingbé a présidé une réunion de crise sur le dossier et il a été décidé de suspendre l'exécution du projet. Des émissaires devront retourner discuter avec les populations pour trouver un consensus.