Guinée: mutinerie à la prison centrale de Conakry

Une patrouille de police à Conakry (photo d'illustration).
© AFP Photo/ISSOUF SANOGO

En Guinée, une tentative d'évasion de la prison de Conakry ce lundi 9 novembre a fait de nombreux blessés parmi les prisonniers et les gardes pénitentiaires, ainsi que de nombreux dégâts. La situation était cependant sous contrôle, selon le gouvernement guinéen qui n'a pas lésiné sur les moyens pour mâter la mutinerie.

Surpris dans leur retraite paisible, à la mi-journée, les habitants riverains de la prison civile de Conakry, située dans la cité administrative et des Affaires de la capitale, ont déménagé dans la plus grande confusion.

Les crépitements d’armes automatiques suivis de rafales pour mâter une tentative d’évasion de certains caïds, à l’intérieur de la prison, ont jeté, dans la plus grande débandade, les populations dans les rues. Certaines se sont terrées des heures durant, dans leurs maisons.

Cela dit, les prisonniers, certainement, après avoir longuement mûri et minutieusement organisé leur coup, ont cassé les portes des cellules avant de se retrouver nez à nez avec leurs geôliers. Ils ne se sont pas fait prier pour attaquer, les premiers, les gardes pénitenciers, se rendant ainsi, pendant un bon moment, maîtres de la situation.

L’intervention rapide de renforts, venus des escadrons de gendarmerie et des compagnies mobiles d’intervention de la police, a permis de prendre le dessus après plusieurs heures d’assaut. Un communiqué du gouvernement rendu public en fin d’après-midi indique que l’ordre a été rétabli au bout de quelques heures d’une extrême tension.

2 000 détenus pour une prison de 220 places

Cependant, certains détenus ont profité de cette confusion pour prendre le large, selon des informations recueillies sur place. Une information que confirme le porte-parole de la justice. « Il y a eu un mouvement de mécontentement au niveau de la population carcérale suivie de ce qu’on appelle une tentative d’évasion. Il y a eu beaucoup de dégâts matériels au niveau de la prison. Des gens ont tenté de fuir, certains ont réussi et d’autres non. »

Des dégâts, mais le porte-parole confirme également de nombreux blessés dans les deux camps, qui ont été évacué pour des soins dans des centres de santé appropriés

Une prison construite dans les années 50 pour un peu plus de 200 personnes, qui abrite aujourd’hui dix fois plus de pensionnaires. « Cette maison centrale a été construite durant la période coloniale pour 220 prisonniers, aujourd’hui il y a plus de 2 000. C’est anormal. Quand vous voyez l’univers carcéral, même votre ennemi vous ne voulez pas qu’il aille dans une prison de Guinée. » La justice demande des moyens pour vider les dossiers et assainir les prisons.