Togo: calme précaire à Mango, après de nouvelles manifestations

La population de Mango a voulu manifester contre l'implantation d'une nouvelle aire aux animaux autour du fleuve Oti (ici lors d'une crue en 2007).
© AFP PHOTO / World Food Programme

Le calme reste fragile à Mango dans le nord du Togo. Les populations de cette ville ne sont pas contentes de voir ériger dans leur préfecture des aires protégées et ont voulu le faire savoir. La manifestation a été réprimée, bilan cinq morts et des blessés par balles et une cinquantaine personnes interpellées. Dimanche, les manifestations ont repris, cette fois-ci ce sont les femmes qui sont descendues dans les rues pour réclamer la libération de leurs enfants.

Les armes emportées par les manifestants ont été restituées après une longue concertation samedi et les parents attendaient la libération de leurs enfants. Se sentant flouées, les femmes sont descendues à nouveau dans les rues dimanche 8 novembre, bloquant la circulation sur la route nationale N°1 qui mène à la frontière du Burkina Faso.

Elles ont été dispersées en milieu d'après-midi à coup de gaz lacrymogènes pour libérer la voie. Dans la soirée, 29 personnes, pour la plupart des élèves, ont été libérées et confiées au régent de la ville, a confirmé le ministre de la Sécurité et de la protection civile, Yark Damhane à RFI.

Les autres feront l'objet d'une procédure avant d'être libérés. Un calme fragile règne dans la ville de Mango dont les populations protestent contre l'installation des aires protégées dans la préfecture. Selon les autorités, des sanctions disciplinaires ont été prises à l'encontre des forces de l'ordre, auteurs des dérapages, et une enquête judiciaire a été ordonnée.

Pour calmer les esprits, une réunion de crise, présidée par Faure Gnassingbé samedi a décidé de suspendre l'exécution du projet et de reprendre les discussions avec les populations.