Burundi: une résolution à l'ONU pour pousser au dialogue

La France a proposé au Conseil de sécurité de l'ONU une résolution qui menace de sanctions les auteurs des troubles et appelle les parties à rejeter toute forme de violence.
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A New York, les membres du Conseil de sécurité vont continuer de débattre du projet de résolution sur le Burundi. La résolution déposée et rédigée par la France fait écho aux dénonciations de l’Union africaine et des Etats-Unis sur les violations des droits de l’homme et les propos incendiaires du président du Sénat. Dans l’entourage du ministre des Affaires étrangères français, on insiste sur l’urgente nécessité d’un dialogue.

Les trois membres africains non permanents du Conseil de sécurité ont bien accueilli le projet de résolution de la France. « Si le Tchad, l’Angola et les Nigérians sont favorables, il est difficile pour les Russes et les Chinois de freiner », indique une source au Quai d’Orsay.

La résolution fait mention de sanctions ciblées. Moscou n’y est pas favorable et aucune liste de personnalités n’a été établie, mais la menace est brandie, et c’est semble-t-il le plus important.

Il est aussi question d’une force onusienne. Mais c’est la composante dialogue, insiste Paris, qui est véritablement au cœur de la résolution. Elle emboîte le pas à l’Union africaine et encourage la médiation ougandaise à accélérer la mise en place de pourparlers. Ils pourraient aboutir par exemple à un gouvernement d’union nationale.

Blocages

Seulement, la tâche est ardue. Les autorités ne souhaitent pas discuter avec les opposants qui ont eu recours à la force. Le lieu des négociations ne fait pas non plus l’unanimité.

Pour Paris, le président Pierre Nkurunziza n’a pas intérêt à s’emparer de la complexité du dossier pour jouer le pourrissement. Un diplomate cite notamment le tort que pourrait causer le maintien de la suspension des aides et partenariats annoncée par Bruxelles et Washington à l'économie du Burundi.