Indépendance de l'Angola: Dos Santos s'adresse à la nation

José Eduardo dos Santos tras haber votado, hoy en la capital angoleña Luanda. Es el líder del MPLA (Movimiento Popular para la Liberación de Angola) que ha gobernado el país desde 1975.
© REUTERS/Siphiwe

Feu d’artifice, défilé militaire, inaugurations, et méga concert de Stevie Wonder : l'Angola célèbre ce 11 novembre en grande pompe le quarantième anniversaire de son indépendance. Quarante années marquées par une guerre civile qui ravage le pays jusqu'en 2002 et par 36 ans de règne sans partage du président José Eduardo dos Santos. Alors que Luanda, la capitale, a été vidée de ses enfants des rues et de ses marchands ambulants, celui que les Angolais surnomment « Zédu » s’est adressé à la nation pendant plus de quarante minutes.

L'Angola fête, ce mercredi 11 novembre, le 40ème anniversaire de son indépendance. Une indépendance chèrement acquise face aux Portugais, et suivie d'une guerre civile. Elle s'est terminée il y a 13 ans. Ces 40 années ont été marquées en majorité par le règne sans partage du président José Eduardo dos Santos. Ce dernier, dans un discours, est revenu sur la situation économique de son pays. Après avoir longuement retracé l’histoire de l'Angola depuis l’arrivée du colonisateur, le chef de l’Etat a appelé à une « diversification de l’économie angolaise », une référence à la chute des cours du pétrole qui touche de plein fouet l’Angola. Un tiers de la population angolaise vit en dessous du seuil de pauvreté. Et cette situation s’aggrave avec la crise qui fait monter le coût de la vie et le taux de chômage.

La jeunesse angolaise

« Les jeunes veulent que tout soit résolu tout de suite », a dit le chef de l’Etat. Et en effet, des signes de mécontentement apparaissent parmi la jeunesse. Elle revendique une meilleure répartition des richesses et plus de liberté. Mais le pouvoir manifestement se crispe face aux tentatives de contestations : plusieurs dizaines de jeunes opposants sont actuellement incarcérés dans les prisons du pays, dont le rappeur Luaty Beirao.

Les critiques des ONG

Amnesty international dénonce « un anniversaire entaché par une escalade dans les violations des droits humains ». Le chef de l’Etat s’est insurgé dans son discours contre ce qu’il appelle « l’ingérence du droit international dans les affaires internes des Etats ». Dans plusieurs provinces du pays, des jeunes militants réclamant le départ du président et la libération des prisonniers politiques ont déclaré qu’ils braveraient l’interdiction de manifester.