Madagascar: lutter contre le paludisme et préserver l'agriculture bio

Tri de la vanille dans le village d'Anjombalava, près de Sambava, au coeur de la principale région de production de la vanille. Une région où la populaiton est la plus exposée au paludisme.
© AFP/Patrick Mercier

Le gouvernement et l'Usaid, l’agence américaine pour le développement international, ont lancé une vaste campagne de prévention. Dix millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide vont être distribuées dans tout le pays. Or l'utilisation de ces moustiquaires menacerait la filière bio car des traces d'insecticide sont retrouvées dans certains produits agricoles. Les enjeux sont donc de taille. Entre intérêt économique et impératif de santé publique, les acteurs de la filière et le ministère de la Santé tentent de trouver des solutions pour réduire la contamination des produits.

La perméthrine, c'est le nom de l'insecticide retrouvé dans la vanille et d'autres produits comme la cannelle ou le gingembre. Et quand le produit est certifié bio, impossible de l'exporter sous ce label. « Ce problème est très répandu actuellement parmi nos membres et les conséquences sont incommensurables parce que les produits sont contaminés », affirme Joëlle Razafindrafito, la secrétaire générale du Syndicat malgache de l'agriculture biologique.

Une étude scientifique est en cours pour déterminer exactement d'où vient cette perméthrine. Si elle vient bien des moustiquaires imprégnées, et, si oui, comment se fait la contamination. Lorsque les moustiquaires sont utilisées pour emballer les produits ou bien par simple contact par les mains.

En attendant, des opérations de sensibilisation sont menées auprès des producteurs, comme l’explique Simon Rakotondrazafy du ministère de la Santé : « Il faut éviter tout contact direct et indirect de la vanille avec les moustiquaires. Par exemple, on leur dit que si le matin vous rangez les moustiquaires, avant de préparer la vanille, il faut se laver les mains. »

Coïncidence malheureuse : les régions de production, sur la côte Est, sont les régions de forte prévalence du paludisme, avec 9% de la population touchée chaque année. L'an dernier le paludisme a fait 560 morts dans tout le pays.