Le Conseil de sécurité veut renforcer la présence de l'ONU au Burundi

Face à la spirale de violences au Burundi, le Conseil de sécurité a adopté à l'unanimité une résolution française qui demande à l'ONU de renforcer sa présence dans le pays.
© REUTERS/Goran Tomasevic

A New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté jeudi une résolution sur le Burundi. La France avait porté ce projet, menaçant de sanctions les auteurs des violences. Finalement, c'est un texte a minima qui a été adopté.

Avec notre correspondante à New York,  Marie Bourreau

Cette résolution était en discussion depuis lundi dernier à la demande de la France qui reste très inquiète de la situation sur le terrain et du risque de dérive génocidaire. Elle a donc été votée à l’unanimité et en moins d'une minute par les quinze membres du Conseil de sécurité. Ce qui a fait dire à notre ambassadeur de France à l’ONU, François Delattre, qu’il s’agissait d’un important pas en avant dans l’espoir de voir un dialogue national inclusif se mettre en place. Philippe Bolopion qui travaille pour l'ONG Human Rights Watch, juge lui aussi cette résolution nécessaire et positive car, dit-il, « l'escalade des violences doit pousser l'ONU à agir vite pour évaluer comment aider le pays a éviter le pire ».

Concrètement, cette résolution appelle donc à un dialogue d’urgence entre le pouvoir et l’opposition. Mais c’est une résolution a minima par rapport au texte qui avait circulé cette semaine car cette résolution ne prévoit plus de sanctions. Le Conseil de sécurité a donc décidé de mettre l’Union africaine (UA) en avant dans la résolution de cette crise. C’était le seul compromis acceptable pour les membres africains du Conseil de sécurité, les Russes et les Chinois qui considèrent qu’il s’agit d’une crise interne.

Des sanctions ciblées

La résolution évoque de manière détournée la possibilité de sanctions et se réfugie derrière le communiqué de l’Union africaine du 17 octobre dernier. Un communiqué qui fait effectivement référence à la possibilité de sanctions, telles que l’interdiction de voyager ou le gel des avoirs pour les responsables de violences.

Vers un déploiement de casques bleus

La résolution demande à Ban Ki-moon, le secrétaire général, d’envoyer une équipe de l’ONU au Burundi pour assurer une médiation politique. Un envoyé spécial a d’ailleurs été nommé . Il s’agit de Jamal Benomar qui était l'ancien envoyé spécial au Yémen.

En ce qui concerne le déploiement de casques bleus ou d'une force de police, l'option n'est pas clairement spécifiée. Mais la résolution demande au secrétariat de se tenir prêt en cas de dégradation de la sécurité. Au département des opérations de maintien de la paix à New York, on envisage tous les scénarios possibles et notamment l'envoi d'un contingent de la RDC voisine. Une information qui a été confirmée à la sortie du Conseil de sécurité par l'ambassadeur britannique. Dans les couloirs de l'ONU, tout le monde évoque une possible opération de maintien de la paix qui nécessiterait alors l'accord des Burundais ou une nouvelle résolution du Conseil de sécurité. Deux scenarii très peu probables.