RCA: le retour des violences?

Casques bleus de la Minusca à Bangui.
© AFP PHOTO / STRINGER

Depuis le 26 décembre 2013 et les événements qui ont embrasé Bangui, la Centrafrique semble s'enfoncer inexorablement dans un nouveau cycle de haines intercommunautaires. La capitale a connu une nouvelle poussée de violences fin octobre 2015. Des violences qui contaminent la province. Ces derniers jours, deux villes où l'ambiance est particulièrement tendue semblent s'enflammer en particulier : Bambari et Batangafo.

A Bambari, le calme était revenu hier, jeudi 12 novembre dans l'après midi. Malgré la tension, les boutiques rouvraient et les déplacés du site situé sur l'ancienne base Sangaris de l’opération militaire de l'armée française revenaient sur les lieux. C'est pourtant là que quelques heures plus tôt, en pleine nuit, des hommes de l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), une faction de l'ex-Seleka ont fait irruption faisant usage notamment d'armes lourdes. La Mission de maintien de la paix en RCA (Minusca) est intervenue. L'échange de tirs a duré une heure trente. Bilan : trois morts et une trentaine d'abris incendiés.

Au même moment à soixante kilomètres de là, d'autres éléments armés attaquaient un autre site, faisant deux morts. Une démonstration de colère de la part de l'UPC après les attaques, assassinats et enlèvements, quotidiens depuis la semaine dernière. Bambari et sa région se sont de nouveau enfoncées dans un cycle de violences et de représailles.

A Batangafo, plus au nord, ces derniers jours ont été particulièrement difficiles. Là encore, un groupe armé s'est attaqué à un site de déplacés pour venger la mort de deux musulmans sur ce même lieu. Dalia Alachi, porte-parole du Haut commissaire aux réfugiés (HCR) en Centrafrique : « Cette confrontation entre groupes armés s’est terminée tragiquement par la mort d’au moins 7 civils, ainsi qu’un casque bleu. Plus de 700 abris ont été brûlés et on sait que plusieurs personnes sont mortes calcinées au sein du site. En tant qu’agence des Nations unies pour les réfugiés, nous condamnons ces terribles actes dont les victimes sont malheureusement, et dans la plupart des cas, d’innocents civils ».

Plus de 10 000 déplacés de ce camp ont fui vers d'autres sites. Les humanitaires sur place craignent de nouvelles violences dans les jours, voire les heures qui viennent.