RDC: une manifestation d’étudiants dégénère

Véhicules de l'administration brûlés par les étudiants de l'Institut national du bâtiment et des travaux publics (INBTP) au cours d'une manifestation qui a dégénéré, ce lundi 16 novembre 2015, à Kinshasa, en affrontements avec la police.
© RFI/Sonia Rolley

En République démocratique du Congo, l’Institut national du bâtiment et des travaux publics (INBTP) à Kinshasa a été le théâtre d'une explosion de colère ce lundi matin. Une manifestation des étudiants a dégénéré en affrontements avec la police. En cause, la perspective d’une augmentation des frais de scolarité et frais connexes ainsi que le délogement musclé de certains jeunes des résidences universitaires.

Pneus et voitures de l’administration brûlés, jets de pierre… Les étudiants de l’INBTP ne cachaient pas leur colère ce lundi matin. La police est intervenue une première fois et, de source policière, certains agents ont même été brièvement séquestrés par les jeunes. « Ne vous approchez pas, ils vont vous attaquer », prévenait même un officier qui se trouvait aux abords.

« On voulait juste manifester, défiler un peu et ils nous en ont violemment empêché », expliquait, pour sa part un étudiant. « Il faut voir dans quelles conditions on vit ici, la coupe est pleine », a-t-il ajouté. Les jeunes tiennent alors à faire visiter les résidences universitaires, dans un état déplorable, à la limite de l’insalubrité.

« Ce sont les étudiants finalistes eux-mêmes qui ont fait ces dégâts. Ils ne voulaient pas les quitter alors qu’ils n’ont plus rien à faire là », expliquait le directeur général, Hubert Makengo Lutimba. « Il a fait appel à trois gardes présidentiels pour déloger les cas sociaux, c’est à dire ceux qui n’habitent pas à Kinshasa et n’ont aucun autre moyens de se loger », a rétorqué Don de Dieu Kabulo, le représentant des étudiants.

La police est intervenue une deuxième fois et la majorité des étudiants ont fui par les différentes sorties de l’Institut. Ils étaient encore plusieurs dizaines, à la mi-journée, à empêcher le directeur général de revenir. Au sein de l’administration, comme au ministère de l’Enseignement supérieur, on parle volontiers d’étudiants manipulés pour créer le chaos, à l’approche des échéances électorales.

« Il y a un malentendu »

Pour le ministre de l’Enseignement supérieur, Théophile Mbemba, qui a reçu les deux parties ce lundi après-midi, il s’agit d’un malentendu, car aucune décision n’a été prise sur les frais de scolarité et frais connexes.

« Je suis personnellement descendu à l’INBTP où les étudiants étaient tous surchauffés. Je leur ai parlé. Le problème c’est que nous sommes au début de l’année académique et les étudiants sont appelés à payer des frais. Il y a des frais académiques mais il y a aussi des frais connexes liés à la sécurisation et autres. Le Directeur général me dit qu’il n’y a pas eu de décision prise et qu’il convoque une réunion pour jeudi prochain. Lui aussi est un peu surpris de ce qui est arrivé ce matin. C’est pour cela que je pense qu’il y a un malentendu que l’on doit clarifier », a déclaré le ministre de l’Enseignement supérieur.

Selon Journalistes en danger, la journaliste de la RTVS1, Francine Bitshi a été violemment prise à partie par les étudiants de l'INBTP. Une agression que l'ONG condamne.