Tchad: les grèves à répétition des enseignants

Le retard dans le paiement des salaires des fonctionnaires est un problème récurrent au Tchad. Ici, des enseignantes manifestent en 2007.
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Depuis plusieurs mois, le corps enseignant tchadien proteste régulièrement contre les retards du paiement des salaires et les arriérés de certaines primes. Des retards qui s'expliquent en partie par la chute du prix du pétrole et l'engagement du pays contre Boko Haram, ponctionnant les caisses de l'Etat.

Cela fait plus de 10 ans que les fonctionnaires tchadiens en général et les enseignants du secteur public en particulier perçoivent leurs salaires dès la fin du mois. Mais cette régularité n'est plus de mise depuis plusieurs mois. Et les enseignants ont perdu patience.

Désormais, leurs syndicats leur demandent d'arrêter le travail à chaque retard. Des retards que le gouvernement tchadien met sur le dos du fonctionnement de certaines banques. Les autorités tchadiennes ne veulent pas avouer que les caisses de l'Etat sont moins remplies depuis la chute du prix du pétrole, qui est passé de plus de 100 dollars en juillet 2014 à 40 dollars le baril aujourd'hui.

Suite à l'importante baisse des recettes de l'or noir extrait du sous-sol tchadien, l'administration fiscale a repris l'habitude du recouvrement des recettes dans les autres secteurs.

Et puis depuis début 2015, l'Etat tchadien doit aussi financer son engagement militaire dans la lutte contre les jihadistes de Boko Haram. Un engagement décidé au moment où le prix du pétrole poursuivait sa chute.