Le nord-est du Nigeria frappé par deux attentats en deux jours

Des militaires nigérians en patrouille dans le nord-est du pays, le 5 mars 2015.
© AFP PHOTO/SUNDAY AGHAEZE

En deux jours, deux attaques de grande ampleur ont endeuillé deux grandes villes du nord-est du pays : Yola, dans l’Adamawa, mardi 17 novembre, et Kano, le mercredi 18 novembre. Au total, en deux jours, 47 personnes ont perdu la vie. Ces attaques récurrentes surviennent alors que l'armée nigériane a délogé les jihadistes du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ex-Boko Haram) dans les principales villes et villages du nord-est du pays.

A Kano, ce sont deux adolescentes qui se sont fait exploser en plein milieu d’après-midi, au marché des téléphones portables. L’une se situait à l’entrée et l’autre à l’intérieur du marché, rapporte la police. Les commerçants, eux, décrivent deux jeunes filles portant un hijab. En juillet dernier, ce scénario s’était produit à quatre reprises, avec encore une fois des jeunes filles utilisées comme kamikazes. A Yola, dans l’est du pays, c’est une bombe qui a visé une foule de personnes qui sortaient de la mosquée après la prière du soir.

Explosions à la bombes, attentats-suicides à répétition… Pour le chercheur Mohamed Kiyari, ces attaques récurrentes n’entachent pas les efforts menés l’armée ces derniers mois. « Si l'on regarde les résultats de leurs dernières campagnes, on peut dire que les militaires ont encore relativement du succès. Il faut comprendre qu'il est bien difficile de faire face à une guerre asymétrique, caractérisée par des attaques à la bombe et des attentats-suicides et avec des individus prêts à perdre leur vie pour une idéologie », souligne Mohamed Kiyari.

« Par ailleurs, tant que ce groupe jihadiste aura la capacité de puiser dans ce vivier de personnes qui n'ont pas peur de la mort, tant qu'ils auront la capacité de s'approvisionner et de fabriquer des engins explosifs, eh bien Boko Haram aura toujours la possibilité de frapper à n'importe quel endroit dans le pays », insiste le chercheur.

De son côté, l'armée affirme avoir arrêté cette semaine au moins trois présumés leaders de Boko Haram et détruit plusieurs armes et laboratoires servant à fabriquer des roquettes.