Burundi: incidents dans la prison de Mpimba

La police dans les rues du quartier de Musaga, à Bujumbura, le 24 juillet 2015.
© REUTERS/Mike Hutchings

Au Burundi, les opérations de désarmements se poursuivent dans les différents quartiers de la capitale. Dimanche soir et lundi matin des heurts ont fait au moins 8 victimes et, selon Médecins sans frontières, 59 blessés à Bujumbura. Si la situation semble s'être calmée dans la ville, c'est une prison qui a été le théâtre d’incidents mercredi 18 novembre.

Au Burundi les tensions qui entourent les opérations de désarmement se font ressentir jusque dans les prisons de la capitale. Mardi 17 novembre, les services pénitenciers affirment avoir découvert quatre grenades dans la prison centrale de Mpimba.

Selon les observateurs, il s’agit d’une prison totalement surpeuplée, située dans le sud du quartier de Musaga à Bujumbura, la capitale. De nombreux militants politiques et manifestants opposés au troisième mandat du président Nkurunziza y sont incarcérés.

Suite à la découverte des grenades, des heurts ont éclaté mercredi 18 novembre entre un groupe de détenus et cinq autres prisonniers qu’ils soupçonnent d’avoir fait rentrer les armes dans le but de faire accuser les opposants. La sécurité est intervenue et a ligoté une vingtaine de personnes.

Un « coup monté »

Ils sont finalement partis ce 19 novembre vers 9h du matin heure de Bujumbura après avoir passé la nuit menottés deux par deux et sans nourriture. D’après les témoins, les 27 prisonniers accusés de troubles ont été emportés dans deux pick-ups et un camion de police. Ils sont en route vers une destination inconnue, probablement une prison du sud du pays.

« C’est un coup monté » affirme au téléphone l’un des prisonniers, qui assure qu’ils n’ont jamais montré les grenades. Il s’agirait selon lui de faire accuser les opposants politiques pour s’en débarrasser. D'après lui, les prisonniers membres de partis d’opposition ont peur car ils ne se sentent plus en sécurité dans la prison.

Au téléphone, un détenu membre d’un parti d’opposition affirme que les prisonniers favorables au pouvoir bénéficient d’un traitement de faveur. Il dit également craindre pour sa sécurité.

Le directeur de la prison de Mpimba n’a pas souhaité s’exprimer pour l’instant.


Une cinquantaine de blessés à la grenade lundi dernier

Selon l'ONG Médecins sans frontières, les violences en début de semaine ont fait 8 victimes et  une soixantaine de personnes, blessées par des explosions de grenade. Lily Caldwell est chargée de programme pour l'ONG à Bujumbura, elle revient sur la situation.

« Dans la journée de lundi, il y a eu plusieurs explosions de grenades à Bujumbura et suite à cela, MSF a reçu un afflux de blessés pendant la matinée dans notre clinique de traumatologie. Nous avons traité 59 personnes. Je pense que c’est plutôt des gens qui se sont retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment. On avait des hommes, des femmes, des jeunes, des personnes de tous âges confondus », explique Lily Caldwell.

« La situation ici à Bujumbura c’est que depuis lundi c’est relativement calme, rapporte-t-elle. Mais c’est ça le travail de nos médecins, de nos praticiens, dans notre structure : de jour en jour, ça change. Je pense qu’étant donné le contexte actuel à Bujumbura offrir des soins chirurgicaux reste essentiel. »