[Info RFI] La Minusca veut se séparer de son contingent de la RDC

Un soldat congolais de la Minusca à Bria.
© RFI / Laurent Correau

Les militaires du Congo Kinshasa pourraient prochainement quitter la Centrafrique. Actuellement environ 400 militaires originaires de la RDC participent à la Minusca, la mission de maintien de la paix en RCA. Plusieurs éléments de ce contingent font l'objet d'accusations de viols ou d'abus sexuels. Dans sa politique de réaction aux scandales sexuels à répétition qui éclaboussent leur Mission, les Nations unies ont décidé de ne pas renouveler ce contingent lors de la rotation qui est sur le point de s'opérer.

« Ils ont mené un travail exemplaire sur le plan sécuritaire » explique une source diplomatique qui pointe en revanche les « problèmes de discipline » et de « mauvaise conduite ». En août, trois éléments de ce contingent de la RDC, basés à Bambari, ont été mis en cause dans des accusations de viols.

Dans ce genre de cas, il appartient au pays contributeur d'enquêter et, le cas échéant, de poursuivre ses éléments. Fin août, la RDC dépêche donc sur place des magistrats militaires. Selon le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé, les familles de deux accusatrices ont démenti les propos des jeunes filles. La troisième aurait refusé de rencontrer les magistrats

« Lenteurs administratives »

Mi-novembre, de nouvelles accusations de viols mettent en cause les Casques bleus congolais de Bambari. A l'ONU on ne croit plus à la volonté des autorités congolaises de faire justice dans ce dossier, et on déplore des « lenteurs administratives » qui « n'inspirent pas confiance ».

Ban Ki-moon s'est entretenu avec Joseph Kabila au téléphone et lui a fait savoir qu'il serait préférable que le contingent congolais, présent depuis environ deux ans en Centrafrique, ne soit pas remplacé.

D'autant que parmi les unités choisies par Kinshasa pour participer aux opérations de maintien de la paix, certaines seraient soupçonnées d'avoir participé à des crimes graves dans leur pays selon une source onusienne. Quoiqu'il en soit, le département des opérations de maintien de la paix en a référé au Conseil de sécurité.

Le gouvernement congolais attend la notification

Mais le gouvernement congolais, de son coté, dit ne pas avoir été officiellement notifié. « Nous n’avons pas encore reçu confirmation de cette information. Nous attendons d’être notifiés. Les deux fois où l’on a porté des accusations contre notre contingent, il a été prouvé que c’était des informations fausses », assure le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé.

Il dément en effet que ces abus en RCA aient été commis par ses troupes. « La première fois, on a confondu délibérément le Congo-Brazzaville et le Congo Kinshasa, détaille-t-il. La deuxième fois, ces familles, qui ont été visité par des magistrats militaires congolais, ont démenti de façon formelle que leurs filles aient été violentées de quelque manière que ce soit par des militaires congolais et donc nous serions très étonnés que, sur cette base-là, l’on prenne des mesures contre la RDC. Mais je ne pense pas qu’il faille anticiper avant que la note officielle du Conseil de sécurité ne nous parvienne. »