Scandale des ventes d'armes au Nigeria: le colonel Dasuki se défend

Le colonel nigérian Sambo Dasuki (d), ancien conseiller pour la sécurité nationale, en compagnie de son avocat, lors de son procès à Abuja, la capitale, le 1er septembre 2015.
© AFP

Sambo Dasuki se défend d'être un voleur. L'ancien conseiller nigérian pour la sécurité nationale est en résidence surveillée et le président Buhari a demandé son arrestation. Il est accusé par un comité mis en place pour auditer les contrats d'achat d'armement d'avoir détourné des sommes allant jusqu'à deux milliards de dollars. Il accuse ses détracteurs de mener une campagne de dénigrement et dit avoir les preuves de son innocence.

Sambo Dasuki n'a pas l'intention de devenir le symbole national de la corruption. Accusé par une commission d'experts d'avoir détourné l'argent destiné à la lutte contre Boko Haram, l'ancien militaire, qui a participé à deux coups d'Etat dans les années 1980, riposte et sort ses munitions.

Je crois que c'est le moment de rembourser pour Sambo Dasuki. Quand il profitait de cet argent, ne savait il pas qu'un jour cette affaire sortirait au grand jour ?
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19-11-2015 - Par Moïse Gomis

Il conteste d'abord le travail de la commission, « qui ne m'a jamais entendu et ne m'a demandé aucune explication ». Il conteste ensuite les faits. La commission lui reproche, entre autres, des contrats fictifs pour l'achat de quatre Alpha Jet et de douze hélicoptères de combats. Il brandit aujourd'hui un accusé de réception de ce matériel daté de 2014 et signé de l'ancien chef d'état-major de l'armée de l'air. Mieux encore : il possède les accusés de réception pour l'achat de chasseurs chinois.

« Je ne suis pas un voleur »

Mais ce n'est pas tout, Dasuki affirme avoir fourni au président Buhari la liste de toutes les commandes en matériel passées par son bureau et ce, avant de quitter ses fonctions en juillet dernier. L'ancien conseiller à la sécurité précise qu'il n'était qu'un donneur d'ordres et qu'il n'a jamais lui-même conclu les contrats.

Des contrats qui de toute façon nécessitaient la signature du chef de l'Etat, en l'occurrence Goodluck Jonathan. « Je ne suis pas un voleur, je n'ai pas mis la nation en danger », conclue dans un communiqué envoyé à la presse nigériane, l'ancien conseiller à la sécurité nationale. « Les Nigérians, dit-il enfin, ne doivent pas prendre tout ce qu'on leur raconte pour parole d'Evangile ».