RDC: l'opposition a-t-elle les mêmes droits que la majorité?

Le boulevard du 30-Juin à Kinshasa.
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En République démocratique du Congo (RDC), l'opposition a-t-elle les mêmes droits que la majorité d'organiser des manifestations publiques ? Pas si l'on en croit le Bureau conjoint des droits de l'homme de l'ONU. Dans son dernier rapport du mois d'octobre, il y aurait une hausse des violations des droits de l'homme à caractère politique. Soit 21 cas, la plupart en province, avec en tête le Kasaï-Oriental et le Sud-Kivu.

Pour le Bureau conjoint des droits de l'homme, cette hausse est inquiétante et pourrait avoir un impact sur la crédibilité du processus électoral à venir. L'un des principaux points soulignés dans son dernier rapport mensuel concerne le droit de manifester. Pour José-Maria Aranaz, le directeur du Bureau conjoint, « ce qu’on a constaté avec préoccupation, ça a été le double standard de l’application de la loi de manifestation d’une manière discriminatoire contre l’opposition... qu’il y avait au moins sept manifestations convoquées par l’opposition qui n’ont pas d’autorisation ou qui ont été réprimées d’une manière violente ».

Le Bureau conjoint outrepasse son mandat

Alors que, selon le Bureau conjoint, onze manifestations en soutien aux autorités, autorisées ou non, n'ont connu aucune difficulté. Pour le porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé, le Bureau conjoint outrepasse son mandat : « A la place du Bureau conjoint, je laisserai l’opposition se plaindre elle-même puisqu’il ne faudrait pas que nous voyons maintenant nos amis du Bureau conjoint des Nations unies dans la rue, avec des pancartes, manifester, réclamer les droits de catégories de Congolais qui eux ne se gênent pas pour manifester et pour revendiquer leurs propres droits. Ça, c’est vraiment à la limite ce que l’on n’attend pas d’eux ».

L'opposition, elle, se plaint quasi-quotidiennement d'une restriction de l'espace politique et de faire l'objet de répression.