Burundi: La CIRGL décide de délocaliser son siège de Bujumbura

En raison de la situation sécuritaire à Bujumbura, la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs va déplacer son siège en Zambie.
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La Conférence internationale pour la région des Grands Lacs, une organisation régionale chargée de veiller à la sécurité et la stabilité, vient de décider de délocaliser son siège de Bujumbura en raison de la grave crise qui secoue le pays depuis que le chef de l’Etat a décidé de briguer un troisième mandat, anticonstitutionnel selon son opposition. Pour un gouvernement burundais de plus en plus isolé sur la scène internationale, la nouvelle a causé un véritable électrochoc, venant surtout d’une organisation qui félicitait il n’y a pas si longtemps Pierre Nkurunziza pour sa réélection.

Cette fois, le secrétaire exécutif de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL) ne prend pas de gants : « Mon personnel et moi-même, écrit le Congolais Ntumba Luaba, ne nous sentons plus en sécurité à Bujumbura », siège de l’organisation. Et de décrire une ville « où l’on découvre chaque semaine si ce n’est chaque jour, des cadavres dans la rue ».

D’où sa décision de délocaliser provisoirement le siège de l’organisation vers la Zambie, « dès maintenant », comme il l’annonce dans sa lettre aux ministres des Affaires étrangères des douze pays membres il y a trois jours.

Et si l’on s’en tient à cette correspondance, le secrétaire exécutif de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs ne demande pas d’autorisation pour procéder à ce transfert de siège. Il dit se conformer à une décision prise en mai et qui avait été différée sur demande insistante de l’Etat burundais.

Le siège de l'organisation ne sera « en aucun cas délocalisé »

De son côté, Bujumbura qui se sent profondément trahie, a réagi au quart de tour. Le gouvernement s’en est pris dès vendredi très violement à Ntumba Luaba qui « a été rarement à son poste d’attache durant son mandat », selon un communiqué de presse du ministère des Relations extérieures, rendu public vendredi.

Et le gouvernement burundais d’engager le bras-de-fer : le siège de l’organisation sous-régionale ne sera « en aucun cas délocalisé sous quelque prétexte que ce soit de Ntumba Luaba ». Un secrétaire exécutif qui a prévenu : « Si rien n’est fait » dit-il, la crise au Burundi risque de devenir « irrémédiable ».