RCA: le quartier du PK5 bloqué par les anti-balaka

Le PK5, quartier majoritairement musulman de Bangui, occupé par des miliciens anti-balaka. Les vendeurs ne peuvent pas reprendre leurs activités.
© RFI / David Thomson

En Centrafrique, le quartier majoritairement musulman de Bangui, le PK5, subit un embargo de la part de miliciens anti-balaka. Les accès aux quartiers sont coupés et les combats entre miliciens anti-balaka et jeunes musulmans armés sont quasi quotidiens.

La route qui relie le PK5 au centre-ville est déserte sur plus d'un kilomètre. Il n’y a pas une âme qui vive, hormis quelques guetteurs armés, cachés derrière les vestiges des habitations. Ali Ousmane, le coordinateur des communautés musulmanes de Centrafrique, n'a pas de mots assez forts pour condamner la situation.

« Nous assistons à un véritable blocus, un grand embargo contre le kilomètre 5. Pour le moment, les vendeuses de légumes - qui sont des femmes chrétiennes - ne peuvent plus venir ici. Je vous dis aussi que même les banques, ici au kilomètre 5, sont fermées et les stations service également », indique encore Ali Ousmane.

Personne ne se risque à sortir

Le marché est presque vide et pour cause, les commerçantes qui apportaient les produits frais ne peuvent plus y accéder. Personne ne se risque à sortir faire ses courses.

« Le prix des légumes a augmenté. Voyez pour la tomate, l’aubergine, il y a eu une augmentation. Nous avons donc pas mal de problèmes pour nous approvisionner. Il y a des individus qui sont avec des armes et ils bloquent tous ceux qui veulent entrer au kilomètre 5. Et même s’il y en a qui ont la chance de rentrer, tout ce qu’ils ont acheté, en sortant, les individus armés le récupèrent. Si entre temps, une famille pouvait acheter une coco à 250 ou 500 francs, aujourd’hui cela valait quand même le double du prix », s’est, pour sa part indigné Abdoul Salam, porte-parole de l'Association des commerçants.

Les casques bleus, malgré des patrouilles régulières, ne parviennent pas à rassurer la population et le gouvernement, de source sécuritaire, s'avoue impuissant. Sur le chemin du retour, en repassant par le no man's land en direction du centre-ville, des hommes armés ont tiré en direction de la voiture de RFI. Des soldats, stationnés à quelques mètres, font signe d'accélérer...