Centrafrique: quand des jeunes se penchent sur le projet de Constitution

Une rue de Bangui, capitale de la Centrafrique.
© AFP PHOTO / PACOME PABANDJI

Des jeunes organisés en une plateforme d'étude de la Constitution viennent de publier un mémorandum pour indiquer toutes leurs craintes concernant le texte constitutionnel qui doit être prochainement soumis à référendum.

Le projet de Constitution prévoit de créer un Sénat, et réinstaure également le service militaire obligatoire. Et pour Boris Ganelin Danboy, le président de la plateforme de l’Union du non, c’est un fourre-tout constitutionnel : « C’est une Constitution fourre-tout. On n’arrive pas à se retrouver. C’est une Constitution qui n’est pas adaptée à la situation et à l’égalité centrafricaine. Donc c’est bien beau de faire du copier-coller, oui, mais il faudrait attendre le moment opportun pour faire ça. Par exemple, le fait que tous les pays de la sous-région ont un Sénat : il faut forcément instaurer un Sénat en République centrafricaine. [Mais] ça a un poids. Ça a un coût financier alors que nous savons que la République centrafricaine est un pays économiquement très faible. »

Cette plateforme est composée de jeunes qui auraient souhaité des avancées sociétales, notamment dans le domaine de la sexualité, de l’égalité homme-femme. Une Constitution, disent-ils, ne peut pas bâcler ce genre de sujet sans en discuter au préalable. Prince Eric Ngaibino, le secrétaire général : « L’homosexualité par exemple. C’est vrai, nous sommes dans un pays africain, mais les choses évoluent. Nous devons laisser les jeunes choisir leur sexualité. Ce sont des questions qui doivent être traitées en long et en large, avant de faire partie d’une Constitution. »

Vigilance

La création d’un Sénat avait déjà fait débat lors du vote au Parlement. Le rapporteur général du projet avait d’ailleurs voté contre, symboliquement à l’époque. Dans les faits, un non au référendum est très peu probable mais la jeunesse centrafricaine continuera à défendre ses propositions.