Rwanda: crise au sein de la Liprodhor malgré une nouvelle direction

Logo de la Ligue rwandaise pour la promotion et la défense des droits de l’homme (Liprodhor).
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Au Rwanda, l’élection au sein de la Ligue rwandaise pour la promotion et la défense des droits de l’homme (Liprodhor), ne règle pas tout. Ses membres ont finalement élu, samedi 21 novembre, un nouveau comité directeur. Cette fois-ci, contrairement à ce qui s’était passé au mois de septembre, la police n’est pas venue interrompre l’assemblée générale. Néanmoins, cette élection ne met pas vraiment fin à la crise au sein de l’organisation. En effet, depuis 2013, des membres de la Liprodhor sont en conflit avec leur direction que la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) accuse d’être sous la coupe du gouvernement.

Début septembre, alors que les membres de la Liprodhor venaient d'élire un nouveau comité directeur - réputé indépendant - la direction sortante et contestée avait dénoncé une « tricherie ». La police était alors intervenue et avait mis fin à la réunion.

Ce samedi, malgré les protestations de certains membres, toutes les décisions de l'assemblée générale de septembre ont été déclarées illégales et annulées. Une nouvelle direction a été élue avec, à sa tête, un nouveau président, Jean-Pierre Nkurunziza.

« Je suis satisfait du déroulement des élections d’aujourd’hui. La fois passée, on avait bafoué la loi et comme la réunion s’est terminée en queue de poisson, il n’y a pas eu de résolution. On devait donc recommencer », a déclaré le nouveau président qui dément toute influence du gouvernement sur l'organisation de défense des droits de l'homme.

Parmi les décisions annulées, samedi, celle ouvrant la possibilité à une trentaine de membres adhérents de devenir membres effectifs et donc de prendre part à l'élection.

Barnabé Muyisere, élu président début septembre, en faisait partie. Il n'a donc pas pu voter ni être élu ce samedi : « Je pense que les élections d’aujourd’hui ne sont pas légales. Ils nous ont enlevé la qualité de membre effectif. C’est une planification pour boycotter quelques membres, notamment moi qui étais élu », a-t-il protesté.

Malgré tout, le président déchu se dit résigné. Comme beaucoup, fatigué par la crise, il a décidé de se ranger à la décision de l'assemblée générale de samedi.