Attentat de Bamako: les politiques divisés sur la sécurité au Mali

Les troupes maliennes se déploient autour de l'hôtel Radisson Blu de Bamako, le 20 novembre 2015.
© AFP PHOTO / HABIBOU KOUYATE

Après l'attaque qui a fait 22 morts à l'hôtel Radisson de Bamako vendredi 20 novembre, la classe politique malienne se divise sur l'état de la sécurité dans le pays. L'opposition dénonce le laxisme des autorités quand le gouvernement assure que des mesures considérables ont été prises.

« Nos forces de sécurité ont été suffisamment renforcées, affirme Boubacar Touré, secrétaire à la Communication du bureau politique du Rassemblement pour le Mali (RPM), le parti présidentiel. Il rappelle que depuis l'attaque du bar-restaurant La Terrasse qui avait fait 5 morts en mars à Bamako, des efforts ont été faits pour renforcer la sécurité.

Pour autant, le risque zéro n'existe pas, admet-il. « Récemment, le ratissage donné dans la région de Mopti, les différentes formations de brigade spécialisée et le professionnalisme de cette intervention a minimisé les dégâts. Mais le mode opératoire de ces terroristes est tel que, quelque soient les mesures, on peut difficilement être à l’abri. Partout dans le monde, il est difficile de prévenir de tels actes terroristes. [Mais] c’est vrai que nos forces armées et de sécurité ont eu suffisamment de formation pour réagir. »

Du côté de l'opposition, on juge insuffisantes les mesures sécuritaires prises par les autorités maliennes depuis l'attentat de La Terrasse. « Je pense honnêtement que nous n’avons pas tiré de leçons utiles des dernières alertes données par l’attaque contre le restaurant La Terrasse à Bamako et l’hôtel de Sévaré, conteste Soumaïla Cissé, le leader de l'opposition et président de l'Union pour la République et la démocratie (URD).

Pour lui, les 20 morts (2 terroristes ont aussi été tués) de l'attentat de l'hôtel Radisson auraient pu être évités. « Nous, dans l’opposition, nous n’avons cessé d’attirer l’attention du gouvernement sur la nécessité d’améliorer les mesures de sécurité et de mieux équiper les forces de défense et de sécurité. » Pour cela, Soumaïla Cissé envisage plusieurs mesures. « Je pense d’abord qu’il fallait une mobilisation citoyenne, ceci est très important. Il faut que nous travaillions dans le sens des renseignements et je pense que chaque citoyen doit aider à informer la police parce que les moyens scientifiques sont peut-être insuffisants pour pouvoir être mieux informé. »