Boko Haram: Yaoundé salue le travail des comités de vigilance

Un soldat camerounais patrouille à Fotokol, après des affrontements entre l'armée camerounaise et Boko Haram, le 17 février 2015.
© AFP PHOTO / REINNIER KAZE

Après de nouveaux attentats-suicide dans le nord du Cameroun, le gouvernement camerounais a salué l'efficacité des comités de vigilance, chargés de surveiller les terroristes potentiels.

La ville de Fotokol dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun, frontalière du nord-est du Nigeria, a été à nouveau frappée par le terrorisme samedi 21 novembre. Quatre femmes kamikazes se sont fait exploser dans des attaques séparées près de la ville. Un chef traditionnel local et quatre membres de sa famille ont été tués dans l’une de ces attaques.

Les trois autres terroristes ont déclenché leur charge sans faire de victime, après avoir été apparemment repérées par des membres d'un comité de vigilance. Le gouvernement a salué leur action d'autant que le chef traditionnel tué dans l'attentat était justement chargé de la coordination locale de ces comités.

Pour le moment, ces attaques n’ont pas été revendiquées, mais le groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ex-Boko haram) est pointé du doigt par les autorités.

« Arrêtés grâce au concours de ce comité de vigilance »

Midjiyawa Bakari, gouverneur de l'Extrême-Nord du Cameroun, souligne lui aussi le rôle clé joué par les comités de vigilance dans la lutte contre ce groupe terroriste. La lutte contre Boko Haram « dépend de leur connaissance du terrain, leur connaissance culturelle et géographique qu’ils peuvent apporter pour déceler ou pour intercepter ces fauteurs de troubles, explique-t-il. Le renseignement est crucial parce que ces populations de part et d’autre partagent la même culture, les mêmes habitudes. »

Le gouverneur de l'Extrême-Nord du Cameroun assure que les comités de vigilance ont « mis en déroute beaucoup de kamikazes. [...] Il y a eu des cas à Fotokol où les membres de comité de vigilance nous ont indiqué en temps réel que ces gens-là [les terroristes de Boko Haram, ndlr] s’apprêtaient à venir. Beaucoup ont été arrêtés grâce au concours de ce comité de vigilance. »

Plus de moyens pour les comités de vigilance

Par conséquent, les autorités ont décidé de mieux équiper les comités de vigilance, dont plusieurs membres ont déjà été tués en fouillant ou en interpellant des suspects. Midjiyawa Bakari explique d'ailleurs que les membres de ces comités sont de plus en plus souvent la cible des terroristes. « Les Boko Haram ont compris que la population s’est désolidarisée de ses actes barbares », analyse le politique.

Il explique que du matériel a été mis à disposition de ces comités pour lutter plus efficacement contre Boko Haram. « Au départ ils n’avaient que des gourdins, mais la très haute hiérarchie, notamment le chef de l’Etat, a bien voulu mettre à leur disposition un outillage approprié, à savoir les jumelles pour permettre de voir à distance les éventuels fauteurs de troubles. Ils sont également dotés de détecteurs de métaux pour pouvoir contrôler les différents colis, mais ils veulent également des portables pour pouvoir informer les autorités, les forces de défense et de sécurité. Ils ont des torches, ils ont des bottes, ils ont des gourdins et ont même parfois des machettes pour pouvoir travailler de jour comme de nuit. »