Chaos libyen: les obstacles qui attendent Martin Kobler

L'émissaire des Nations unies pour la Libye, Martin Kobler, à Tripoli, le 22 novembre 2015.
© REUTERS/Ismail Zitouny

Cela fait une semaine que Martin Kobler a succédé à Bernardino Leon pour négocier la mise en place d'un gouvernement d'union nationale en Libye. L'envoyé spécial de l'ONU en visite dans le pays le week-end dernier a insisté sur l'« urgence » de trouver une solution négociée. Mais son idée de reprendre mot pour mot le projet d'accord de son prédécesseur fait débat. Bernardino Leon est en effet au cœur d'un scandale après la révélation de soupçons de collusion avec les Emirats arabes unis, un Etat qui soutient l'une des parties au conflit. Bref, le travail de Martin Kobler ne commence pas sous les meilleurs auspices.

« Ana Said Jiddan. » « Je suis très heureux. » Martin Kobler s'est adressé en arabe aux membres de la Chambre des représentants à Tobrouk comme s'il tentait de rétablir une confiance entamée par le scandale Bernardino Leon. Mais il en faudra sans doute plus, car les réserves concernant le plan proposé par l'ONU sont nombreuses.

Et elles viennent des deux camps : du congrès général national basé à Tripoli et dominé par les Frères musulmans, comme de la Chambre des représentants à Tobrouk, reconnue par la communauté internationale.

Pour une fois, les rivaux s'entendent sur plusieurs points. D'abord, la nécessité de remettre à plat l'accord proposé par Bernardino Leon et qui a été rejeté par les deux Parlements rivaux en octobre.

L'urgence d'un gouvernement d'union

Pour Martin Kobler, c'est hors de question. Il n'y a pas de temps à perdre, la Libye fait face à un chaos sécuritaire sans précédent avec l'ancrage de l'organisation Etat islamique. Il faut vite mettre en place un gouvernement d'union nationale pour faire face à ce défi.

Les deux camps rejettent également les personnalités choisies pour diriger le « conseil présidentiel », la future instance exécutive prévue dans le projet d'accord.

La tâche semble plus périlleuse que jamais pour l'ONU. Alors que Daech n'a jamais été aussi actif dans le pays, l'absence d'un accord risque de renforcer les radicaux des deux camps.