Mali: une seconde revendication de l’attaque de l'hôtel Radisson

L'hôtel Radisson à Bamako, cible d'une attaque terroriste sanglante le 20 novembre 2015.
© REUTERS/Joe Penney

Dans un communiqué envoyé au bureau RFI/AFP à Bamako, le Front de libération du Macina, un groupe jihadiste du centre du Mali, affirme être à l'origine de l'attaque terroriste qui a fait 22 morts vendredi, à Bamako. Pourtant, samedi, al-Mourabitoune, le mouvement dirigé par Mokhtar Belmokhtar avait déjà revendiqué l’attaque de l’hôtel Radisson.

Le Front de libération du Macina (FLM) revendique l’attaque qui a visé l’hôtel Radisson à Bamako, vendredi. Le FLM précise qu’il a agi avec le groupe Ansar Dine, allié d’Aqmi dans le nord du Mali.

Pour justifier l’attaque, l’un de ses porte-parole, Ali Hamma, affirme que le groupe jihadiste a agi « en réaction contre les forces Barkhane » qui mènent des opérations « contre le Front de libération du Macina et le groupe Ansar Dine [de Iyad ag Ghali] avec l’aide de l’armée malienne ».

Divergences sur le nombre d'assaillants

Evoquant l’exécution de l’opération, le porte-parole du FLM affirme que le commando comportait cinq membres et que trois sont sortis sains et saufs. Dans le communiqué figurent d’autres menaces d’attentats.

De son côté, al-Mourabitoune, le groupe de Mokhtar Belmokhtar, a réitéré sa revendication de samedi dans un enregistrement sonore en arabe diffusé dimanche soir par la chaîne de télévision Al-Jazeera, assurant que les assaillants étaient uniquement au nombre de deux et laissant entendre qu'ils étaient maliens.

Concurrence entre jihadistes

Alors comment faut-il comprendre la revendication par plusieurs groupes de l’attaque de l’hôtel Radisson Blu de Bamako ?

Il y a plusieurs hypothèses : d’abord, il y a toujours eu des passerelles entre toutes ces katibas, ces unités combattantes. Ensuite, en termes de stratégie, le groupe qui peut revendiquer le premier le fait. Il ne faut pas oublier la lutte de leadership entre différents responsables jihadistes.

Solidarité dans le deuil

Le Mali observe à partir de ce lundi trois jours de deuil en mémoire des victimes de l'attaque qui a fait 22 morts à Bamako, vendredi, à l'hôtel Radisson Blu. Un deuil auquel se sont joints par solidarité le Sénégal, la Mauritanie et la Guinée.


 ■ « Nous sommes sur de bonnes pistes », affirme le procureur Boubacar Sidiki Samaké

Selon le procureur chargé du pôle antiterroriste du Mali, interrogé par RFI, l'enquête avance. Des perquisitions ont eu lieu mais aucune arrestation n'est encore intervenue. « Nous sommes sur de bonnes pistes », a assuré Boubacar Sidiki Samaké.

Le procureur, qui est le chef du pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre le terrorisme, dirige aussi les enquêtes pour savoir ce qui s’est réellement passé à l’hôtel Radisson Blu de Bamako. « Nous aurons de bons résultats dans les prochains jours pour traduire les auteurs devant la justice », a-t-il poursuivi avec un calme olympien. Il y a eu des perquisitions, reconnaît-il, mais le procureur refuse de confirmer ou d’infirmer qu’il y a eu des arrestations.

 → A (RE)LIRE : L'interview du procureur Samaké sur RFI

Autre question, les auteurs de l’attaque avaient-ils des complices ? Boubacar Sidiki Samaké laisse entendre que oui. A l’hôtel Radisson Blu de Bamako, la police scientifique a notamment retrouvé un pistolet et une valise appartenant aux deux terroristes. A l’intérieur de la valise, des grenades non utilisées. Ensuite pour aider à identifier les deux assaillants tués, des spécialistes français sont arrivés.

Reste les multiples revendications de l’attaque : le procureur y voit une stratégie des jihadistes pour brouiller les pistes des enquêteurs.