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Tunisie

Tunisie: la décapitation d’un jeune berger revendiquée au nom de l’EI

Une Tunisienne porte un panneau sur lequel on peut lire : «Non au terrorisme», en lettres de sang, à Tunis, le 19 mars 2015.
© AFP PHOTO / FADEL SENNA

En Tunisie, un groupe jihadiste a revendiqué, dimanche 22 novembre au nom de l'organisation Etat islamique la décapitation de Mabrouk al-Soltani, un jeune berger accusé d'être un informateur de l'armée. Le 13 novembre dernier, la famille de l'adolescent, originaire de la région de Kasserine, dans le centre du pays, avait reçu sa tête dans un sac plastique. Le sort du jeune berger avait ému les Tunisiens. La vidéo, non encore authentifiée, montre les prétendus aveux et la décapitation du jeune berger. La vidéo a été postée, dimanche, par le groupe média de Jund al-khilafa (les soldats du Califat, en arabe), un groupe qui a fait allégeance au groupe Etat islamique, en mars dernier.

La vidéo dure 4 minutes. Elle est intitulée « la vérité sur l'apostat Mabrouk le berger » et commence par un message.

« C'est le destin de tous ceux qui sont dans les rangs des tyrans de la Tunisie contre Jund al-khilafa », est-il écrit.

Jund al-khilafa est un groupe qui avait fait allégeance, en mars, à l'organisation Etat islamique et revendiqué les attentats de Sousse et du musée du Bardo.

Dans la vidéo, on voit le jeune Mabrouk Soltani à genoux face caméra les mains nouées dans le dos. Face à lui, hors caméra, un jihadiste dont la voix est modifiée mène l'interrogatoire.

Mabrouk explique, d'une voix saccadée, que des soldats tunisiens lui ont promis l'équivalent de 500 euros pour des informations sur les pistes laissées dans la montagne par les jihadistes.

- « Tu trahis nos combattants pour de l’argent ? », lui demande le jihadiste.

- « Nous n'avons pas d'argent », répond Mabrouk.

La dernière image montre le corps décapité du jeune homme. D'après son cousin, interviewé par la télévision Nesma, Mabrouk avait déjà été menacé par les jihadistes.

A cette occasion, les Tunisiens ont pu se rendre compte de l'extrême pauvreté et de la vulnérabilité des gens de cette région montagneuse devenue un champ de bataille entre les jihadistes et l'armée tunisienne.

« On vit sous la menace permanente. Si l'on ne meurt pas de faim ou de soif, on mourra du terrorisme », avait lâché le cousin de Mabrouk, le berger.

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