Visite du pape en Afrique : première étape au Kenya

Le pape François aux côtés du président kényan Uhuru Kenyatta (g) à Nairobi, le 25 novembre 2015.
© REUTERS/Goran Tomasevic

Première étape de la tournée africaine du pape François : le Kenya, où il est arrivé en milieu d'après-midi après un vol depuis Rome. Dans un discours prononcé peu après son arrivée à State House, résidence officielle du président Uhuru Kenyatta, le pape a exhorté les dirigeants du monde entier à protéger la nature et à prôner le développement durable en pensant aux générations futures. Il a planté un arbre dans les jardins de la résidence présidentielle.  

Après avoir brièvement souhaité bon travail aux journalistes qui l'accompagnent au fil de sa visite de six jours en Afrique, le pape a salué chacun d'entre eux dans l'avion qui l'a conduit à Nairobi. Entre deux poignées de mains, il a confié que cette tournée, malgré la tension ambiante et les menaces terroristes, ne l'effrayait pas du tout. « A vrai dire, a-t-il dit en souriant, j'ai davantage peur des moustiques », rapporte notre envoyé spécial à Nairobi, Antoine-Marie Izoard.

Arrivé au Kenya vers 16h30 (heure locale), le chef de l'Eglise catholique a été accueilli, à la descente de l'avion, par le président Uhuru Kenyatta, accompagné de son épouse, de ministres et du haut clergé de son pays. Après avoir longuement serré la main du président kényan, le pape, un grand sourire aux lèvres, a savouré quelques minutes les chants et les vivats lancés par les groupes folkloriques venus lui souhaiter la bienvenue.

Cérémonie d'accueil au palais

Il s’est ensuite dirigé vers le State House, le palais présidentiel kényan. Sur son parcours, beaucoup de policiers et de soldats chargés d’assurer la sécurité mais ce n’était pas la foule des grands jours à laquelle on s’attendait, malgré un soleil éclatant.

Et c'est finalement dans les jardins du State House que s’est déroulé la cérémonie officielle d’accueil : hymnes nationaux des deux pays, honneurs militaires, 21 coups de canons… François a eu le droit à tous les honneurs pour ses premiers pas en Afrique.

Puis Uhuru Kenyatta et son invité de marque se sont engouffrés dans le palais pour un tête-à-tête qui a duré une bonne vingtaine de minutes, avant que les deux hommes rejoignent la grande salle où les attendaient ce que le Kenya compte de personnalités pour le premier grand discours du souverain pontife.

« La violence se nourrit de la pauvreté »

Du haut de la tribune du State House, le pape François a principalement demandé aux responsables du Kenya de se soucier réellement des pauvres et des aspirations de la jeunesse, de permettre une « juste distribution des ressources naturelles et humaines », et de « travailler avec intégrité et transparence pour le bien commun ».

Dans un pays mondialement connu pour ses parcs et ses réserves nationales, le chef de l'Eglise catholique a particulièrement évoqué la grave crise environnementale qui menace le monde, réclamant une sensibilité toujours plus importante à la relation entre les êtres humains et la nature.

Enfin, le pape a adressé aux leaders africains une mise en garde : la violence, le conflit et le terrorisme, se nourrissent de la peur, de la méfiance ainsi que du désespoir provenant de la pauvreté et de la frustration.

Un appel qui semble avoir trouvé une oreille attentive chez son hôte kényan, confronté depuis plusieurs mois à de nombreux scandales de corruption. Le président Kenyatta a affirmé vouloir « combattre le vice de la corruption qui sacrifient les gens, qui blessent l’environnement et détourne les ressources » et a demandé au pape François ses « prières » dans cette lutte.

Ce jeudi a été déclaré journée nationale de prières et de réflexions, et beaucoup ici espérent que ce sera l'occasion pour les corrompus de faire amende honorable.

Ce que nous attendons de la venue du Pape, c'est qu'il délivre un message, un appel aux gens, pour qu'ils se réunissent. Sa visite est une bénédiction pour ce pays.
Abdullahi Sirat Osman
26-11-2015 - Par Léonard Vincent