Burkina Faso: l'eau, un droit constitutionnel grâce à la transition

Village de Kalembouly, Burkina Faso, le 27 mars 2015.
© AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

La transition s'achève au Burkina Faso avec les élections générales de dimanche. Une année s'est écoulée depuis la révolution des 30 et 31 octobre 2014, lorsque le peuple avait chassé Blaise Compaoré. Qu'ont fait les Burkinabè de cette transition ? Ils ont adopté un grand nombre de réformes fondamentales (plus de 70 lois en un an). Et parmi celles-ci, l'inscription du droit à l'eau potable dans la Constitution. Une première.

Chaque Burkinabè a droit à l’eau potable et à l’assainissement. Une simple phrase inscrite dans la Constitution, mais qui change beaucoup de choses, selon le député Youmanli Lompo :

« Depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, dit-il, si les Burkinabè ne peuvent pas avoir accès à l’eau potable, ça c’est vraiment triste. Et nous avons pensé qu’il était bon, donc, de mettre ça comme une priorité pour que les gens sachent que c’est un élément fondamental pour les Burkinabè. Il en va de leur santé, et même de l’assainissement, parce que nous avons dit " eau potable, et assainissement ". »

Concrètement, cela signifie que le gouvernement va devoir inscrire l’eau potable dans ses priorités budgétaires. Pour Abdoulaye Soma, constitutionnaliste et conseiller du Premier ministre, « il faut renforcer la part du budget alloué au traitement des questions alimentaires et des questions en eau dans le budget, pour qu’on puisse avoir un impact concret ».

« Ce qui change dans la consécration constitutionnelle du droit à l’eau, c’est que si une personne n’a pas suffisamment de ressources en eau, la personne peut s’adresser à un juge, si elle estime que l’insuffisance ou le manque d’eau est dû à une inaction du gouvernement. Donc, la Constitution est faite pour engager le gouvernement sur le plan juridique », explique M. Soma.

Le droit à l’eau potable constitutionnalisé, c’est donc plus qu’un symbole. C’est d’abord l’obligation faite aux pouvoirs publics d’agir de façon visible et non discriminatoire. En un mot, d’aider en priorité les zones rurales et celles où l’eau fait défaut.