Elections en RDC : l'Eglise catholique appelle à la vigilance

Des évèques, membres de la Conférence épiscopale nationale de la République Démocratique du Congo,(Cenco).
© cenco.cd

En République démocratique du Congo, l'Eglise catholique appelle la population à la vigilance. Dans un message intitulé «Faut-il que le sang coule encore en RDC ?», le comité permanent de la conférence épiscopale annonce le lancement de plusieurs actions pour mobiliser la population contre le glissement du calendrier électoral, avec des prières en décembre, un programme d'éducation civile et électorale pour faire connaître au peuple ses droits ainsi que des marches pacifiques dans tout le pays l'an prochain.

Il faut arrêter de faire couler le sang, exigent les évêques de l'Eglise catholique en RDC. Pendant deux jours, une dizaine d'entre eux était réuni pour parler de la situation dans le pays. Une situation inquiétante et préoccupante, affirment-ils. Ils ont évoqué le passé, les guerres vécues par le Congo. Et disent aujourd'hui regretter que certains de leurs messages n'aient pas été entendus et notamment en janvier 2015 quand, écrivent-ils, « le sang a encore coulé suite à la tentative de contourner les dispositions constitutionnelles ».

Les évêques rappellent qu'ils se sont prononcés favorablement à la tenue d'un dialogue, mais que celui-ci doit se faire dans le respect absolu du cadre constitutionnel et institutionnel en vigueur. Ils déplorent la nomination de commissaires spéciaux en lieu et place de gouverneurs ce qui constitue « un recul pour la démocratie ». Persuadée que « l'avenir heureux du Congo réside dans le respect des délais constitutionnels », l'Eglise catholique dit s'engager à mobiliser les fidèles à travers des prières, des marches pacifiques et un programme d'éducation civique et électorale dans les prochains mois.

« Démocratie d'apocalypse »

Les évêques invitent les forces vives de la nation à un sursaut patriotique et à un engagement réel pour assurer la réussite du processus électoral. Ils demandent également au peuple congolais de faire preuve de vigilance dans l'esprit de l'article 64 de la Constitution. Un article qui stipule que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe qui prend le pouvoir par la force ou l'exerce en violation de la Constitution.

Du côté de la majorité présidentielle, on dit ne pas comprendre le message des évêques. « Quand une situation n'est pas claire et qu'il y a un risque de troubles et que l'autorité compétente convoque un dialogue, il faut prier pour ce dialogue, parce que c'est le dialogue qui va sauver la démocratie, estime André-Alain Atundu, le porte-parole de l'AMP (Alliance pour une majorité présidentielle), le parti au pouvoir. Au lieu de nous annoncer une démocratie d'apocalypse où il faut craindre la rue, craindre le sang ».

Il faut éduquer, former le peuple. Et donc on va lancer dans les jours qui viennent un programme d’éducation civique et électoral dans tous les diocèses.
l'abbé Léonard Santedi
27-11-2015 - Par Sonia Rolley