Au Kenya, le pape dénonce les «attaques barbares» des shebabs

សម្តេច​ប៉ាប François នៅរដ្ឋធានី ណៃរ៉ូប៊ីី ប្រទេសកេនយ៉ា
© REUTERS/Thomas Mukoya

Le pape François a les deux pieds sur le continent africain. Au deuxième jour de sa visite au Kenya, il a célébré ce jeudi 26 novembre 2015 une messe géante en plein air, sur le campus de l’université de Nairobi, au cœur de la ville, devant des centaines de milliers de fidèles. Dans son homélie, le pape s’est adressé à toute l’Afrique.

Avec nos envoyés spéciaux à Nairobi,  Esdras Ndikumana  et  Antoine-Marie Izoard

La foule a répondu présente. Ils sont venus par centaines de milliers de fidèles ce jeudi matin autour du pape. Certains sont même venus au beau milieu de la nuit pour avoir une place, malgré les fortes pluies qui s'abattaient sur la ville. Après son arrivée en papamobile ouverte, c'est donc devant devant des centaines de milliers de parapluies que François a présidé sa messe au cœur de Nairobi.

Une célébration festive, haute en couleurs, rythmée de chants, de danses et de cris de joie. Un moment fort de cette visite en Afrique. Et c’est toute l’Afrique que le souverain pontife a appelée à s’ancrer dans ses valeurs traditionnelles de respect et de solidarité. Dans ses explications, le chef de l’Eglise catholique a insisté sur l’importance de la famille. Un antidote, à ses yeux :

« Les familles chrétiennes ont cette mission spéciale de répandre l'amour de Dieu et les eaux qui donnent vie à son Esprit. C'est particulièrement important aujourd'hui, parce que nous voyons le développement de nouveaux déserts, créés par une culture d'égocentrisme et d'indifférence envers les autres », a dit le pape.

Et d'insister sur la jeunesse : « Ici, au cœur de cette université où les cœurs et les esprits d'une nouvelle génération se forment, je me tourne tout particulièrement vers la jeunesse de la nation. Laissez les grandes valeurs des traditions africaines, la sagesse, la véracité de la parole de Dieu et le généreux idéalisme de votre jeunesse vous guider dans le façonnage d'une société toujours plus juste, inclusive et respectueuse de la dignité humaine. »

Appel contre la radicalisation et les violences perpétrées au nom de Dieu

Dans sa messe, qui a duré environ deux heures, le pape a exhorté les jeunes du Kenya à rejeter tout ce qui conduit aux préjugés, à la discrimination, tout ce qui ne vient pas de Dieu. Un message très, très fort. Il a aussi lancé un appel à résister aux pratiques qui blessent ou qui méprisent les femmes. Il a fustigé en particulier l’arrogance des hommes, dans un pays où perdure la tradition des mariages forcés et celle des mutilations génitales.

Avant cette messe, François a également rencontré d’autres responsables chrétiens, mais aussi des responsables musulmans. Il a placé le dialogue interreligieux au centre de sa tournée, et a mis en garde contre la radicalisation religieuse des jeunes. Devant le président du Conseil suprême national musulman, il n’a pas hésité à condamner les nombreuses « attaques barbares », ce sont ses mots, perpétrées dans le pays par le groupe islamiste somalien des shebabs.

On se souvient en particulier des attaques meurtrières contre un centre commercial à Nairobi en 2013 et à l’université de Garissa l’an passé, où près de 150 étudiants avaient été massacrés, majoritairement des chrétiens. Le pape François a déploré la radicalisation de nombreux jeunes au nom de la religion pour semer la discorde et la peur. Et de souhaiter que les croyants soient tous de véritables prophètes de paix.

Notre conviction commune, a-t-il dit en substance, est que le Dieu que nous cherchons à servir est un Dieu de paix. Pour François, Dieu ne devrait jamais être utilisé pour justifier la haine et la violence.