Burundi : un député du parti au pouvoir échappe à un attentat

La police burundaise interroge un homme à un barrage routier à Bujumbura, le 6 juillet 2015.
© AFP/ Landry NSHIMIYE

Des inconnus ont ouvert le feu sur la voiture de Zénon Ndaruvukanye à Bujumbura, au Burundi. Son garde du corps a été tué. Ce député est considéré comme une personnalité très influente du pouvoir. Selon la police, la voiture des tireurs a été retrouvée et des armes saisies dans un quartier du sud de la capitale. Ce député est la troisième figure du pouvoir ciblée par une attaque depuis la réélection controversée mi-juillet du président Nkurunziza.

Zénon Ndaruvukanye se dirigeait vers le centre-ville de Bujumbura le 26 novembre dans la matinée quand on a tiré sur son véhicule. Ce député, membre de l'organe dirigeant du parti au pouvoir au Burundi, en a réchappé par miracle alors qu'un des policiers de sa garde rapprochée a été mortellement touché, selon des témoins.

Il s'en est suivi une course-poursuite entre un véhicule de la police et celui des assaillants qui l'ont abandonné un peu plus loin à côté d'un célèbre marché de la capitale, Chez Sioni.

Les policiers y auraient découvert des armes, ils ont également interpellé des membres de ce commando qui les ont conduits à une cache d'armes dans le quartier de Kinindo, dans le sud de Bujumbura, où ils ont retrouvé un mortier, des lance-roquettes, des mitrailleuses, des fusils d'assaut et d'autres effets militaires.

Manipulation ?

Un haut gradé de la police affirme que c'est la plus importante saisie d'armes depuis le lancement, début novembre, de l'opération de désarmement forcé des quartiers contestataires disant qu'elles allaient alimenter, dit-il, les insurgés qui veulent désormais chasser Pierre Nkurunziza par la force.

Depuis, la Toile s'est enflammée entre opposants burundais qui dénoncent un montage de la police, et militants du pouvoir qui crient victoire. Mais cela ne devrait rien changer à Bujumbura, devenu le théâtre d'affrontements quasi quotidiens entre forces de l'ordre et insurgés.