Kenya: le pape dénonce les minorités qui concentrent les richesses

Accueille enthousiaste du pape François lors de sa visite du bidonville de Kangemi à Nairobi, Kenya, le 27 novembre 2015.
© REUTERS/Stefano Rellandini

Le pape François visite ce vendredi matin un grand bidonville de Nairobi, le bidonville de Kangemi. Il a dénoncé, à cette occasion, les périphéries abandonnées des villes africaines, mais il a aussi eu des mots très durs pour évoquer la pauvreté sur le continent. Des pays victimes selon lui d'une nouvelle forme de colonialisme.

Le pape François a profité d’une tribune exceptionnelle, le bidonville de Kangemi qui abrite dans des conditions misérables plus de 100 000 personnes à Nairobi, pour lancer un appel une nouvelle fois contre le capitalisme ultra-libéral. Au niveau des Etats, il a dénoncé de nouvelles formes de « colonialisme à l’égard des pays africains qui les cantonnent à être les pièces d’un gigantesque engrenage ».

La visite de ce bidonville, au dernier jour de son séjour au Kenya, constitue pour le pape un symbole qui concrétise un peu tous les maux qu’il a dénoncés depuis son arrivée dans le pays. Après les rapports entre les Etats, il s’en est pris cette fois-ci aux rapports à l’intérieur de ces pays africains. Il a parlé de l’atroce injustice, de la marginalisation urbaine, en pointant du doigt les minorités qui « concentrent le pouvoir à la richesse et gaspillent de façon égoïste, a-t-il dit, alors que des majorités toujours croissantes sont obligées de se réfugier dans des périphéries abandonnées, contaminées et marginalisées ».

Ce sont des mots très forts qui ont donc été prononcés dans l’église Saint-Joseph de Kangemi. Un bidonville qui symbolise pleinement la réalité que le pape dénonce dans ce pays miné par la corruption et où 75% des richesses sont concentrées entre les mains de 1% de la population. Et c’est sans doute dans ce quartier, sans aucune infrastructure pratiquement, pratiquement pas d’écoles, pas d’électricité, pas de toilettes, au milieu des pauvres dont il se sent plus proche, que le pape a eu le meilleur accueil, le plus enthousiaste, depuis qu’il est arrivé au Kenya.