Soudan du Sud: la situation des enfants soldats empire, selon l'Unicef

Des enfants-soldats lors d'une cérémonie de désarmement, démobilisation et réintégration supervisée par l'Unicef, le 10 février 2015, dans l'Etat du Jonglei, au Soudan du Sud.
© AFP PHOTO/Charles LOMODONG

L'Unicef a publié vendredi 27 novembre des chiffres impressionnants sur la situation des enfants soldats, enrôlés depuis 2013 dans une guerre civile meurtrière au Soudan du Sud. Plusieurs milliers d'entre eux seraient toujours présents dans les rangs des factions rivales qui s'affrontent pour le pouvoir. L'agence des Nations unies pour l'enfance souligne que, malgré la signature d'un accord de paix l'été dernier entre le chef de l’Etat Salva Kiir et l’ancien vice-président Riek Machar, la situation des enfants reste grave, avec «peu de signes d'amélioration».

Les garçons sont messagers, serviteurs ou combattants sur la ligne de front. Les filles, le plus souvent, sont des esclaves sexuelles ou des épouses forcées pour les caïds des factions armées. Ce sont ceux qu'on appelle les « enfants soldats ».

Au cours d'un point de presse qui s'est tenu vendredi, l'Unicef, l'agence de Nations unies pour l'enfance, a révélé qu'ils sont 16 000 à avoir été enrôlés depuis le début du conflit au Soudan du Sud, en décembre 2013. Selon un porte-parole, la situation des enfants a même empiré en 2015 dans le pays.

Il faut dire que les chiffres communiqués sont vertigineux : au-delà des 16 000 enfants enrôlés dans les rangs des factions armées, l'Unicef parle de 900 000 enfants déplacés, 11 000 séparés de leurs parents, 1 million de malnutris, et près de 1 500 tués.

Malgré l'éruption sporadique de combats dans le pays, l'Unicef s'efforce d'accompagner les enfants démobilisés. Ainsi dans l'Etat du Pibor, la faction Cobra a relâché 1 755 enfants soldats, et l'ONU s'efforce aujourd'hui de leur fournir un soutien médical et psychologique, et de les réunir avec leur famille.

Ils ne veulent pas retourner à la guerre. La seule raison pour laquelle ils sont allés à la guerre, c'est parce que c'était leur seule alternative pour se protéger, pour avoir accès aux besoins de base.
Ishmael Beah
27-11-2015 - Par Léonard Vincent